Pourquoi les scandinaves y arrivent et pas nous?

Pourquoi les scandinaves y arrivent et pas nous? Les 3 raisons: Culture, Système, Masculinité

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Nous sommes nombreux et s’arracher les cheveux devant les défis et obstacles qui s’élèvent sur notre route d’une éducation positive, c’est à dire une éducation sans violences. Mais pourquoi les scandinaves y arrivent-ils et pas nous? Les raisons sont en fait systémiques. Et dans cet article, vous allez en savoir plus. 

1 Premier obstacle: La Culture.

C’est tous ces gens qui se disent que « puisqu’on a toujours fait comme ça, pourquoi changer ?».

Ceux qui ne connaissent rien aux enfants, qui ne veulent rien en connaître, et qui pensent que parce qu’ilspeuvent procréer, c’est OK et que « merde, on a été élevés comme ça et on n’en est pas mort ».

Eh bien non.

Avant, on ne savait rien des enfants, de leur cerveau, de leurs besoins, de leur développement. Etmaintenant, on sait. Mais pour accéder à ce savoir, il faut s’intéresser. Il faut apprendre.

C’est un peu comme faire la cuisine. Se faire à manger en se réchauffant un plat, tout le monde peut le faire. Mais pour cuisiner, il faut se documenter et apprendre.

Donc, il y a dans les pays latins une espèce de refus de se remettre en question avec une culture du despotisme de l’adulte (qui porte désormais le nom d’Adultisme) ou du chef.

Par exemple, on vous prive de liberté (c’est moi qui décide !), on ne vous donne pas toute l’info (cela ne te regarde pas !), on vous rabaisse (tu es encore trop jeune et inexpérimenté), on vous contraint (tu fais ce que je te dis de faire, c’est tout ), etc. Le même discours: aux employés et aux enfants. On traite les employés en les privant de bien-être, et on traite les enfants de lamême manière. Les deux sont dépendants. Les deux doivent s’abstenir de broncher.

 

2 – Deuxième obstacle: Le Système

Pour faire bref, si le système laissait les parents être parents, donner du temps à leur progéniture, se réveiller la nuit et s’en occuper, en ayant la possibilité d’adapter leurs horaires par exemple, l’éducation positive ferait beaucoup d’émules. Au lieu de cela, on met la pression aux jeunes parents pour que coûte que coûte, ils soient opérationnels comme les autres, et surtout au même moment que les autres. Tout iraitr bien si on leur disait, « c’est OK, venait après une bonne nuit de sommeil et soyez efficaces »… les entreprises qui ont laissé les jeunes parents adapter leurs horaires ont toutes obtenu des employés plus productifs. Mais non. On refuse aux parents le bien-être pour des raisons culturelles (voir raison 1), et au profit de vision (fausses) et productivistes, alors les parents malheureux et stressés mettent la pression sur les épaules de leurs enfants pour qu’ils s’adaptent… c’est injuste et ça fait mal.

3 Troisième obstacle: Une certaine idée de ce qu’est un Homme

Oh oui! J’imagine que ça va crier dans les chaumières « Ô scandale, comment ose-t-elle ? », pourtantc’est pure vérité et à un moment, il est temps que les voix s’élèvent.  J’ai interrogé une quarantaine de mamans de manière anonyme pour savoir si elles trouvaient que leur partenaire masculin leur rendait la vie plus simple ou plus compliquée. La réponse ?

👉 71% des mamans interrogées ont répondu que la présence de leur partenaire rendait la tâche éducative plus compliquée.

Et là, on touche tout simplement au sempiternel problème de la domination des hommes sur les femmes. Aujourd’hui, peu d’hommes laissent de l’espace, de la liberté, de la place aux soins des enfants par leur femme. Ils râlent, refusent, s’énervent, s’agacent, menacent quand la mère essaie de répondre à son enfant en le prenant avec elle, en dormant avec lui, en l’allaitant, en l’écoutant.

La majorité des femmes s’étant séparées de leur enfant la nuit déclarent qu’elles l’ont faità cause de la pression que leur mettait leu partenaire. Et cela, en raison de la croyance en cette idée (débile) qu’il faudrait séparer l’enfant de sa mère pour les faire défusionner … l’idée est débile car elle est scientifiquement nulle. Bien au contraire, la théorie de l’attachement avance des thèses inverses et les études sur le cerveau de l’enfant montrent que la meilleure chose pour lui est le lien proche, fréquent, ininterrompu et autant qu’il en fait la demande. Cela ne rend pas l’enfant « gâté pourri » mais aimé. Et l’amour fait foisonner les connexions neuronales.

En parallèle, les hommes peinent à prendre part aux charges du foyer et sont réfractaires à l’idée d’une éducation positive… Les femmes peinent donc encore plus à accompagner positivement leurs enfants.

Et c’est clairement ce que nous voyons dans nos ateliers! Une majorité de femmes les fréquentent et s’y plaignent de conjoints récalcitrants à offrir écoute, dialogue, bienveillance à leur enfant.

Extrait d’un ‘article sur le couple et le bébé (en bas de page)

Donc voilà nous en sommes…

Tout le monde se plaint des enfants, alors que le problème est ailleurs. Les enfants ne sont ni tyranniques ni capricieux. Ils n’ont pas besoin de séparation pour grandir, mais de proximité. Et l’éducation positive n’est pas un ennemi à abattre.

Les enfants qui réclament leur mère la nuit sont normaux

Ce qui n’est pas normal c’est d’essayer de se présenter comme le seul mammifère de tout le règne animal qui ne devrait pas rester au côté de son petit pour le protéger jusqu’à ce qu’il ait acquis une certaine autonomie.

Ce qui n’est pas normal, c’est la culture de chef/parent despote que l’on a chez nous.

Ce qui n’est pas normal, c’est un système qui fait payer aux parents le fait d’être parent.

Ce qui n’est pas normal, c’est de priver les femmes de leur corps, de leur maternité sur l’autel de lasexualité masculine qui peut devenir maladive.

Ce qui n’est pas normal, c’est refuser de s’effacer pour laisser la mère s’occuper de son petit.

Le cas des pays scandinaves

Si vous observez attentivement la situation des pays scandinaves et, si vous vous demandez pourquoieux, ils y arrivent, les raisons sont là :

  • Ils entretiennent des rapports hiérarchiques horizontaux, et ainsi en est-il dansleurs familles aussi.

  • Ils ont un système égalitaire, ou le genre ne donne droit à aucun avantage.

  • Ils forment des unions égalitaires les femmes ne sont pas considérées comme des objets, elles sont libres et les devoirs du foyer et de la parentalité sont partagés.

  • Ils ne sont pas de culture chrétienne mais de culture protestante (cela change toutsur la place de l’individu et de la femme)

  • Ils ne sont pas de culture freudienne (ils ne croient pas au complexe d’oedipe ni à des idées latentes du type « l’enfant est un pervers polymorphe » (S. Freud)).

 

Ayant été baignée moi-même dans ce bain culturel, je vous avoue que je suis restée très longtemps aveugle. Il y a quelques années, je me serais même sentie mal à l’aise à l’idée de lire mes propres propos. Il a fallu que je travaille beaucoup sur moi pour accepter d’ouvrir les yeux et comprendre l’ampleur du problème.

Selon moi, la seule chose qui puisse nous permettre de changer radicalement notre monde, et bienentendu l’éducation qui est donnée à nos enfants, c’est l’évolution du regard des hommes surnous, les femmes.

Qu’on nous laisse materner, allaiter, avoir un cycle menstruel, donner la vie dans la position qui nous convient, Qu’on nous laisse être comme nous sommes sans essayer de s’approprier ou de vendre plus, grâce à nos corps « objets de désir », dépossédé d’identité…

Si on laissait les femmes être ce qu’elles sont, le monde entier serait mieux aimé.

Pour aller plus loin: