Non à la Complaisance!


La complaisance envers l'adulte est la fin de la bienveillance envers l'enfant

Voici plusieurs semaines que je rumine ce sujet et cette réflexion que je vais vous livrer aujourd’hui… Je voudrais vous parler de bienveillance, de complaisance et de la question de la limite à ne pas franchir entre les deux.


Pour que vous compreniez mon état d’esprit,

QUELQUES POINTS DE REPERE


  1. Dans ma pratique, je me place résolument du côté du bien-être de l’enfant.

  2. L’éducation positive – pratiquée avec sens et connaissance – ne peut être à la fois bonne pour les enfants et mauvaise pour les adultes. Cette croyance a la peau dure puisque de nombreux adultes clament qu’ils pratiquent la parentalité positive, tout en pratiquant une éducation paillasson où l’enfant devient incontrôlable avec des parents démissionnaires de leur rôle d’éducateurs. Mais si une personne est vraiment dans la parentalité positive, elle ne devrait pas craindre une telle dérive. Car la parentalité positive est fondamentalement bonne pour tous.

  3. Je me place donc volontairement du côté de l’enfant. De cette manière, je suis aidante pour tout le monde. Si je ne le faisais pas et que je me plaçais du côté de l’adulte, le risque serait fort de me déconnecter de la réalité et des capacités de l’enfant. On ne sert plus que l’adulte et son désir de contrôler.


QUAND LA VIOLENCE ECLATE


Quel rapport avec la bienveillance et la complaisance?


Je dois témoigner combien je me sens heurtée par les échanges qui ont lieu sur certains groupes se réclamant des approches d’éducation positive.


Par exemple, une maman partage qu’elle a craqué et qu’elle s’en veut (à mort) d’avoir mis une fessée à son enfant. Elle raconte avec détails tout le déroulement de sa montée en pression, de son pétage de câble jusqu’au moment fatidique de la violence. Elle explique que ce n’est pas la première fois, mais que c’est rare, et qu’elle est désolée. et que… du coup, elle vient chercher du réconfort…

Puis les commentaires s’enchaînent sous la publication.


Trop souvent, beaucoup trop souvent, les commentaires des autres parents se veulent rassurants et consistent à détaxer la maman de ses responsabilités, à lui éviter de se sentir coupable et à la féiciter de faire son mea culpa publique.

Quelques rares personnes bien sensées relèvent que ce n’est pas OK et se font descendre par les autoproclamés « bienveillants » qui cherchent à adoucir la culpabilité de la pauvre maman…




Et l'enfant dans tout ça ?

Le pas entre bienveillance et complaisance est franchi.



La complaisance c’est la manière dont on s’accommode des agissements d’une personne de façon à lui plaire, à ne pas la froisser, ni la heurter.

Et je vous le dis : la complaisance est dangereuse.


La complaisance est dangereuse pour l’enfant qui reçoit la violence de son parent, car la complaisance n’aide pas le parent à se remettre profondément en question.


La complaisance ne se place pas du côté de l’enfant victime, mais du côté d'un pauvre parent en difficulté et qu’il faudrait sauver.




IL EST POSSIBLE D'ÊTRE BIENVEILLANT

SANS ÊTRE COMPLAISANT


Ce que la bienveillance n’est pas…


La bienveillance ne consiste pas à aider une personne à fuir son sentiment désagréable de culpabilité.


L’évitement des émotions (et le très compétent John Gottmann en parle largement dans son livre Raising an emotionnally intelligent child) n’est pas de l’intelligence émotionnelle.


La bienveillance face à une personne qui se sent mal à l’aise du fait de ses agissements, ne consiste pas à relativiser sa faute, à expliquer que le contexte s’y prêtait, à amoindrir le tort ou la portée de l’acte commis.


La bienveillance ce n'est pas non plus se rappeler que l’enfant est difficile et qu’il y a une coresponsabilité cachée. Car rappelez-vous que plus un enfant se comporte mal, et plus il nous montre qu’il souffre ! L’enfant n’est pas responsable de devenir un être éduqué. C’est à son parent que revient cette tâche. Si l’enfant est coresponsable on retombera vite dans « il l’a bien mérité ! ».


Dédouaner les parents de leurs agissements violents, humiliants, menaçants ou agressifs n’est pas bienveillant. Ceci est de la COMPLAISANCE.


Et la complaisance de l'entourage permet aux manipulateurs d'isoler leur victime sous des apparences bienveillantes, tout à fait trompeuses. Il m'est notamment arrivé de rencontrer une maman maltraitante qui se cachait derrière une parentalité positive soit-disant malmaitrisée. Ces agissements étaient graves.



Ce que la bienveillance serait…


Être bienveillant consiste à se mettre du côté de l’enfant pour accompagner le parent.


Cela consisterait simplement à rester présent auprès de la maman en lui disant:

« Oui, c’est très mal ce que vous avez fait. Il est naturel et souhaitable que vous vous en rendiez compte, car de tels agissements sont une maltraitance grave sur votre enfant. La culpabilité que vous vivez est le signe que vous êtes prête à changer. Comment pourriez-vous faire pour être sûre que cela n’arrivera plus ? Que pourriez-vous faire pour réparer le tort que vous avez commis auprès de votre enfant ».


Ici, nous aurions de la bienveillance.

Il n’y aurait plus de complaisance.


J’en appelle donc à chacun et chacune à se mettre résolument du côté de l’enfant et à prendre conscience des conséquences importantes que la complaisance peut avoir dans sa vie.



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