Vacances avec les enfants : 8 mythes qui t’épuisent avant même de partir !

 


 

En finir avec les vacances qui se finissent mal

C’est le genre de phrase qu’on entend tous les ans, au moment où les valises sont à moitié faites et les enfants déjà surexcités.

« Profitez bien de vos vacances!  Les enfants vont adorer. »

Et toi tu hoches la tête, tu souris, pleine d’espoir,. Et tu espères que ça va bien se passer. Que tu vas te reposer un peu. Que les crises vont diminuer. Que tout le monde va être heureux. Et que vous rentrez plein d’amour et d’heureux souvenirs.

Puis vient le premier soir. Ton enfant ne veut pas dormir dans ce lit inconnu. Le lendemain matin, il est épuisé, il pleure pour un rien, il réclame et il déborde. Et toi tu te demandes ce que tu as mal fait.

Et ce n’est que le début… parce qu’au fond derrière les 8 mythes il y en a un fondateur. Un mythe pilier de tous les autres: « Les vacances en famille; c’est mieux que la vie quotidienne ».

Sauf que Non. Dans une large mesure, pour de nombreux parents; c’est plus compliqué. C’est fatigant. Il faut gérer des enfants que l’on connait parfois relativement peu, dans un contexte étranger, avec des regards qui peuvent peser, des attentes qui se méprennent sur les comportements naturels des enfants…

Faisons le point ensemble.

 


 

 

Mythe n°1 : En vacances, les enfants sont plus sages

Les enfants se disputent en vacances

 

C’est l’attente implicite de beaucoup de parents. Moins de pression scolaire, plus de temps ensemble, un rythme allégé. L’enfant a enfin un parent disponible… alors, il devrait être apaisé, non ?

La réalité développementale dit exactement l’inverse.

L’école, la crèche, la nounou, les horaires réguliers : tout cela constitue ce que l’on appelle un environnement prévisible.

Et c’est précisément cet environnement prévisible qui régule le système nerveux de l’enfant. Quand les repères disparaissent, le cerveau de l’enfant, encore immature, perçoit ce changement comme une forme d’instabilité. Ce n’est pas une mauvaise volonté. C’est de la neurobiologie.

Les vacances ne calment pas les enfants. Elles commencent par les déstabiliser, avant de les apaiser, si le cadre reste suffisamment sécurisant.

 


 

Mythe n°2 : Il fait exprès d'être pénible

mon enfant fait exprès d'être pénible

 

Celui-là circule à table, entre adultes, quand l’enfant quitte la pièce. Il se met à jouer et à faire du bruit. On le reprend mais il faut une crise, et on se dit: « Il le fait exprès pour nous énerver. »

Mais… Non.
Un enfant en crise n’est pas un stratège.

C’est un être dont le cortex préfrontal, la zone du cerveau responsable du contrôle des impulsions et de la régulation émotionnelle, n’est pas encore mature. Cette maturation ne s’achève pas avant le milieu de la vingtaine. En attendant, c’est l’adulte qui est supposé réguler.

Mais bien entendu, si l’adulte est frustré de devoir quitter les autres adultes, qu’il n’a pas assez dormi ou qu’il est alcoolisé, la patience n’est pas au rendez-vous.

La question utile n’est pas « pourquoi il fait ça ? » mais « de quoi a-t-il besoin là, maintenant et pour quelle raison ne suis-je pas en mesure de le lui donner ? »

 


 

Mythe n°3 : Il ne devrait pas s'ennuyer

Mon enfant s'ennuie en vacances

 

« Je m’ennuie. » En appuyant sur le i final.

On l’a tous dit et voilà que nos enfants le disent aussi.
Ces trois seuls mots sont capables de faire monter la pression parentale en quelques secondes.

Mais attention, l’ennui est une bonne nouvelle !
Les recherches en psychologie du développement le confirment : l’ennui est un moteur.

Quand un enfant n’a rien de prévu, rien de dirigé, rien à faire, son cerveau commence à travailler autrement. Il invente, il crée, il explore. Ce sont précisément ces moments de vide apparent qui favorisent la pensée autonome et la créativité.

Tu n’es pas le comité d’animation officiel de ses vacances. Tu n’es pas le GO du Club Med de ton enfant.
Baisser cette attente-là est l’une des choses les plus libératrices que tu puisses faire.

Rappelle-toi d’ailleurs comme ton propre ennui t’a rendu créative / créatif !

 


 

Mythe n°4 : Les crises en vacances, c'est parce qu'on n'est pas assez présent le reste de l'année et qu'il se venge

Parent présent, parent absent, les effets sur les vacances

 

Celui-là est particulièrement cruel, parce qu’il touche directement à la culpabilité parentale.

Nous savons combien les parents disposent de peu de temps pendant l’année. Combien ils doivent jongler entre les attentes, les obligations, les contraintes. Le temps court et les parents sont en sprint pour réussir chaque jour à tout boucler.

Mais l’enfant ne se venge pas. Ce n’est pas ainsi que fonctionne son cerveau. Ce qu’il fait, c’est s’adapter, tant bien que mal, à un environnement qui a changé. L’enfant est dans le moment présent. Il e réfléchit pas é ce qu s’est produit le reste de l’année pour en déterminer son comportement immédiat.

L’adaptation qu’il fournit pendant les vacances scolaires prend du temps, de l’énergie, et demande beaucoup de soutien.

Retiens bien ceci: Ce que tu observes en vacances n’est pas le reflet de tes absences.

Cela montre simplement ce que ton enfant ressent face à une rupture de ses repères habituels, amplifiée par la fatigue, la chaleur, la nouveauté et la promiscuité.

C’est une demande de régulation, pas une punition qu’il t’inflige.

 


 

Mythe n°5 : S'il est fatigué, il finira par rattraper son sommeil

rythme de sommeil de bébé en vacances

 

Ce mythe a vraiment la peau dure. Et il est à l’origine de nombreuses disputes de couple. L’un voulant adapter le rythme des vacances aux besoins de l’enfant: L’autre plaidant que pesant va s’adapter et que quand il sera fatigué il dormira « On ne va quand même pas renoncer à se faire plaisir! ».

L’enfant suractivé qui « finira par s’effondrer » quand il sera vraiment épuisé  est un scénario qui rassure beaucoup de parents qui « en demandent trop » pendant les vacances. Et il est malheureusement inexact.

Un enfant très fatigué a plus de mal à s’endormir, pas moins.

La suractivation du système nerveux, produite par les journées intenses, la lumière estivale prolongée et le décalage des horaires, bloque l’endormissement. Et les nuits récupérées ne compensent pas entièrement le manque de sommeil accumulé.

Le sommeil des enfants ne fonctionne pas comme une dette qu’on rembourse d’un coup.
Il fonctionne sur la régularité.

La recommandation a mettre en oeuvre est à partager est ici: maintien un rythme pour ton enfant même pendant les vacances ! Ce rythme peut être différent de celui que ton enfant connaissait pendant l’année scolaire mais il serait bon qu’il soit régulier.

 


 

Mythe n°6 : Les enfants s'adaptent facilement au changement

Se coucher tard en vacances avec des enfants est-ce une bonne idée ?

 

« De tout façon, les enfants, ça s’adapte. » Cette phrase, souvent dite avec bienveillance par l’entourage, minimise ce que l’enfant traverse réellement.

Près de 30% des enfants entre 18 mois et 6 ans présentent des perturbations du sommeil dès les premiers jours de vacances, simplement parce que l’environnement nocturne a changé. La plupart ont besoin de 3 à 7 jours pour retrouver un équilibre, selon leur tempérament et leur âge.

Les études sur les tempéraments des bébés et enfants montrent que seuls certains d’entre eux (une minorité) présente un tempérament adaptable. Ce sont des enfants que tu peux emmener partout, poser partout, et ils s’adapteront avec relativement peu de stress. Mais soulignons-le encore, ces enfants-là sont largement minoritaires et il y a peu de chance pour que tu aies ce type d’enfant!

De plus, s’adapter « bien » ne veut pas dire ne rien ressentir. Un enfant qui s’adapte vit quand même quelque chose. Et ce quelque chose mérite d’être accueilli, pas minimisé.

 


 

Mythe n°7 : En vacances, on peut lâcher toutes les règles

mon enfant fait exprès d'être pénible

Le relâchement total du cadre est souvent vécu comme un cadeau fait à l’enfant. Pas d’heure de coucher fixe, les repas quand ça vient et debout ou assis par terre dans le jardin, les activités selon l’humeur du moment. La liberté totale !

Le problème, c’est que pour un jeune enfant, la liberté totale n’est pas libératrice. C’est déstabilisant. Et que selon son âge, il peut avoir du mal à comprendre que les règles évoluent en fonction de l’état d’esprit de ses parents.

Les règles ne contraignent pas un enfant.
Elles lui permettent de se sentir en sécurité dans un monde qu’il ne contrôle pas encore.

Quand les repères disparaissent, le comportement se dérègle, pas par mauvaise volonté, mais parce que l’enfant cherche ses limites là où les adultes les ont effacées.

Tu n’as pas besoin de supprimer le cadre pour que ton enfant profite des vacances.
Tu as besoin de l’adapter, de l’alléger, sans le supprimer.

 


 

Mythe n°8 : Les vacances sont reposantes pour les parents

comment ne pas gâcher ses vacances avec des enfants

 

Et nous y voilà. Le plus répandu, le plus cruel, le plus silencieux de tous les mythes !

Les vacances ne suppriment pas la charge parentale.
Elles la concentrent.

Plus d’école pour occuper les journées, plus de structure collective pour diluer l’énergie des enfants, plus de réseau habituel pour souffler. Et en même temps, l’injonction à « profiter » est partout.

Les photos de familles souriantes sur les plages, les récits enthousiastes des amis, le discours ambiant selon lequel ce devrait être le meilleur moment de l’année.

Et toi tu es épuisé à 10h du matin, tu as déjà répondu à quarante demandes, tu as géré deux crises et tu n’as pas encore bu ton café chaud.

Ce n’est pas un échec. C’est la VRAIE réalité de la parentalité en vacances.

 


 

 

Alors, comment profiter vraiment de tes vacances ? - 5 idées pour passer de bonnes vacances en famille !

Comment passer de bonnes vacances avec des enfants ?

 

Voici quelques repères simples, ancrés dans ce que l’on sait du développement de l’enfant.

 

1 – Garde un fil conducteur dans les journées.

Pas de programme militaire ! Juste une structure légère : un moment calme le matin, un repas à heure à peu près fixe, un rituel de coucher maintenu même en voyage. Ces repères intangibles régulent le système nerveux de ton enfant sans trop rigidifier tes vacances.

 

2 – Laisse de la place au rien.

Ton enfant qui s’ennuie dix minutes n’est pas un enfant mal accompagné avec un mauvais parent qui ne sait pas y faire. C’est un enfant qui apprend à habiter son propre temps. Tu n’as pas à remplir chaque heure. Laisse-le vivre son ennui (mais veille quand même car c’est bien connu… un enfant qui s’ennuie peut avoir de mauvaises idées et faire des bêtises!).

 

3 – Accueille les émotions sans en faire une catastrophe.

Un enfant qui pleure parce que le lit est inconnu, qui fait une crise parce qu’il est épuisé, qui réclame plus de toi parce que ses repères ont changé : c’est de l’adaptation, pas de la régression. Nomme ce qu’il vit. Reste présent(e). C’est déjà beaucoup. Tu verras que peu à peu, il va trouver son rythme et avoir confiance !

 

4 – Prends soin de toi aussi.

Ta régulation émotionnelle est la condition de la sienne. Un parent qui n’a pas dormi, qui ne prend pas un moment seul dans la journée, qui absorbe tout sans souffler, finit par transmettre exactement l’état qu’il cherchait à éviter. Et si les vacances te permettait de souffler. Essaie de t’organiser avec ton/ta partenaire pour que chacun récupère des moments pour lui tout seul. Si d’autres adultes sont présents, vous pouvez vous soutenir dans des gardes d’enfants collectives !

 

5 – Et surtout : Ne mesure pas tes vacances selon ce qu’elles auraient dû être.

Si tu juges tes vacances selon ce que tu imagines, tu seras déçues. Ta vie n’est pas une production Walt Disney ! Mesure tes vacances à ce qu’elles sont vraiment, les moments simples, les repas dehors, les petites découvertes, les enfants qui jouent. C’est souvent là, dans ce qui ne ressemble à rien sur une photo, que les vrais souvenirs se forment.

 


 

Les mythes sur les enfants en vacances ne sont pas anodins. Ils orientent nos attentes, fabriquent notre culpabilité et épuisent nos ressources bien avant que le problème réel se pose. Les démonter, c’est déjà se donner plus de chances d’être là, vraiment là, pour les enfants qu’on aime.

Je trouve qu’en vacances nous avons plus de temps pour réfléchir. Cette réflexion peut mener à se sentir coupable mais elle peut nous permettre de progresser. C’est donc souvent le moment idéal pour rencontrer une coach parentale. Pourquoi pas le faire sur le lieu de vacances ?

Si tu veux savoir comment nous les formons à l’école des formations positives, c’est ici !

Photo de Charlotte Uvira 2025

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