Les colères de ton enfant ne sont pas un caprice mais un message de son cerveau 🤯


 

Il est 16h45, c’est l’heure du goûter. Ton enfant est allongé par terre dans le couloir et il hurle parce que tu as coupé sa tartine en deux au lieu de la laisser entière. Tu sens le poids de ta journée écraser tes épaules, le désespoir t’envahir en réalisant qu’il vous reste 4 heures de montagnes russes à vivre et cette petite voix qui dit : et m**** encore une crise… mais qu’est-ce que je fais (si) mal ?

OK, alors disons-le immédiatement. La colère est une émotion. Elle n’est en rien un problème d’éducation et ce n’est pas non plus un caprice.
C’est un message qui vient directement du cerveau de ton enfant. Un message brut, encore très sauvage… que je vais te t’expliquer 😉

 

 


 

Le cerveau de ton enfant n'est pas le tien

Le psychiatre Daniel Siegel et la psychologue Tina Payne Bryson décrivent le cerveau en deux étages. En bas, le cerveau archaïque, celui des émotions fortes, des réflexes de survie, de l’instinct. En haut, le cerveau pensant, celui qui raisonne, qui patiente et régule.

Chez l’adulte, ces deux étages communiquent entre eux relativement bien. En revanche, chez l’enfant, l’étage du haut est encore en construction, et il ne sera pleinement mature que vers 25 ans. Autant dire qu’on a beaucoup de temps devant nous.

Conséquence: quand ton enfant hurle parce que sa tartine est coupée en deux, c’est son cerveau du bas qui en contrôle total tandis que son cerveau du haut est encore incapable de l’influencer.

Or c’est bien lui  qui pourrait dire que ce n’est pas grave et qu’il peut quand même la manger.

Ainsi ton enfant ne se calme pas, non pas parce qu’il ne le veut pas, mais parce qu’il en est incapable…

Dan siegel explique le cerveau de l'enfant

 


 

La colère de l'enfant: De la surcharge à la décharge

le defi de la colere des enfants

Et vraiment, je sais que tu l’as déjà lu mais c’est si important que je dois le répéter.

Quand ton enfant fait une crise, il n’est pas en train de te manipuler. Il ne le cherche même pas. Les fonctions dédiées à ce type de planification et de stratégies se situent au même endroit que celles destinées à gérer ses émotions (plus tard). Donc elles ne sont pas non plus matures !

Ton enfant est juste totalement débordé.

Sa fatigue, sa faim, le changement de programme, l’excitation de la journée, tout ça s’accumule sans qu’il en ait conscience. Et à un moment, son système nerveux dit stop, et ça sort en pleurs, en cris, et même parfois en coups impulsifs.

Ce n’est pas beau à voir, je sais. Mais si ton enfant a moins de 7 ans, ce n’est pas un problème de comportement.
C’est un système nerveux immature qui dit, à sa façon, qu’il ne dispose plus des ressources pour gérer ça tout seul.

 


 

Réguler avec le parent pour apprendre à réguler comme un grand

crise de colere de l'enfant

C’est ici le point pivot… celui qui fait la différence entre une éducation laxiste et « laisser-faire » et une éducation positive qui socialise et accompagne l’enfant.

La capacité à se calmer se construit dans la relation (idéalement celle avec les parents et les personnes perçues comme proches). Cela se fait petit à petit, notamment grâce à l’expérience répétée d’être calmé par quelqu’un d’autre. C’est ce qu’on appelle la corégulation.

Concrètement, avant de pouvoir réguler ses propres émotions, l’enfant a besoin d’emprunter, encore et encore, le système nerveux apaisé d’un adulte. Ta présence calme (si possible), même si à l’intérieur tu es à deux doigts d’exploser (je sais), fournit à ton enfant ce que son cerveau ne sait pas encore faire seul.

Chaque fois que tu restes là, sans le forcer à se taire et sans céder non plus, en te montrant présente pour traverser ses difficultés émotionnelles, tu réalises un travail invisible mais immense : tu construis, brique après brique, sa future capacité à se réguler seul.

 


 

Nommer ses émotions pour apprivoiser ses réactions

Différencier la colère de la violence

Une fois la tempête redescendue, et seulement à ce moment-là, jamais pendant, il y a un outil simple et redoutablement efficace : mettre des mots sur ce qui s’est passé.

Daniel Siegel et Tina Payne Bryson appellent ça « nommer pour apprivoiser ». Le simple fait de nommer une émotion active le cerveau du haut et calme l’amygdale. C’est presque mécanique, et c’est assez bouleversant quand on y pense.

Et il y a quelque chose d’encore plus fascinant. Plus l’enfant dispose de mots précis pour ses émotions, plus il devient capable de les gérer. La chercheuse Lisa Feldman Barrett appelle ça la granularité émotionnelle : elle a démontré qu’un vocabulaire émotionnel riche et précis aide encore plus.

C’est exactement pour ça qu’à l’Ecole des Formations Positives, nous proposons, depuis 2015 le programme Kimochis. Kimochis donne aux enfants, et aux adultes aussi, un vocabulaire concret et imagé pour nommer ce qu’ils ressentent. Et ce vocabulaire-là devient, en lui-même, un outil de régulation ❤️.


 

⭐️ Alors concrètement, qu'est-ce qu'on fait pendant la crise ?

Je vais te donner trois repères.

Bien entendu, on peut aller plus loin, plus dans le détail etc.
Mais en tant que maman de 2 enfants, je sais que nous cherchons aussi en tant que parent à aller à l’essentiel, sans trainer !

1 - Ne discute pas avec un cerveau en mode survie

Pendant la tempête, ton enfant ne peut pas entendre tes arguments, même les meilleurs.

Inutile de répéter, d’expliquer ou de négocier sur le moment. Ça viendra après, et ce sera bien plus efficace.

Te connecter, cela peut passer par la méthode « faire CESER la crise » que nous avons développée à l’Ecole des Formations Positives.

👉 CESER c’est Câlin (même si uniquement par le regard), Ensemble, Silence, Ecoute, Reformuler (dans cet ordre ! 😉)

 

soutenir son enfant dans les tempêtes émotionnelles

2 - Connecte-toi avant toute chose !

Se connecter intensément peut passer par notre méthode exclusive « se connecter en 4G ».

Elle consiste à créer une très forte connexion avec l’enfant grâce à 4 phrases d’accueil sincères, qui disent à l’enfant « je perçois ce que tu perçois ».

Il ne s’agit absolument pas de dire que nous sommes d’accord, mais simplement de faire le récit, de mettre en mot, ce qui se passe dans les yeux et dans la tête de l’enfant.

Comment savoir si mon enfant est hyperactif

3 - Nomme ce qui s’est passé, une fois la tempête passée.

Dans une moment calme où la relation est agréable, il est beaucoup plus facile de revenir sur ce qui s’est passé et « d’éduquer ».

Tu valides simplement ce que ton enfant a ressenti et tu poses doucement le cadre.

Par exemple : « Tu étais vraiment en colère parce que tu voulais la tartine entière. C’est tout à fait normal d’être en colère. Je peux rester avec toi quand tu es en colère, mais je ne peux pas changer la situation et te faire un autre tartine. »

Gérer les émotions de son enfant

 


 

🧠 Ce qui se construit derrière chaque tempête

développer le langage émotionnel

Ce qu’il faut comprendre c’est que ce qui se joue dans ces moments-là n’est jamais une bataille de pouvoir entre toi et ton enfant.
C’est la construction, jour après jour, de son système de régulation émotionnelle, avec toi comme premier modèle, premier appui, premier refuge.

Tu montres ce qu’il y a lieu de faire, ce qui marche… comme pour tout dans la vie de ton enfant. Et lui, le vit avec toi, à tes cotés.
C’est ainsi que des fondations solides se forment… des fondations qu’il utilisera toute sa vie.

Bien entendu, tu as aussi ta propre histoire, tes propres seuils de tolérance et ta propre fatigue.
Tu fais ce que tu peux avec ce que tu as. Et c’est très bien comme ça. Car ton enfant doit aussi apprendre que les autres sont différents de lui. Il doit apprendre à les comprendre, à les connaitre et à s’adapter. Tu es aussi ce « premier autre » et en ce sens, tu n’as pas à être parfait.e.

 

le lien doit perturber au-delà des tensions

 


 

Si ce sujet te parle...

Si ce sujet te parle et que tu accompagnes, ou que tu envisages d’accompagner des familles, j’espère que ce que tu as découvert t’a pu. CESER et la connexion en 4G sont typiquement des méthodes que nous avons développées, parmi les plus fiables et que nous enseignons à nos apprenants.

La régulation des émotions est naturellement l’un des piliers de notre formation de coach parental. Je t’invite à apprendre plus ici.

Je m’appelle Charlotte Uvira et je suis la fondatrice et directrice de l’Ecole des Formations Positives. Passionnée par mon métier, je suis aussi la formatrice des coachs parentaux de notre école. A bientôt!

Charlotte uvira et le burn out parental

 


 

 

🎁 Le cadeau avec cet article !

A l’Ecole des Formations Positives, nous aimons créer une communauté engagée avec nous autour des mêmes valeurs de bienveillance éducative, non violence, et promotion de la sécurité de l’attachement. C’est pourquoi, nous offrons à nos fidèles lecteurs et lectrices quantité de ressources et avantages exclusifs ! 

 

Nos abonnés ont donc reçu un livret spécial (et gratuit) pour aller plus loin sur les problématiques de colères.

Reçois ton livret sur la colère des enfants

 

Rejoins-nous et profite de nos avantages !

 


 

Références Scientifiques

  • Siegel, D.J. & Payne Bryson, T. (2015). Le cerveau de votre enfant. Les Arènes.
  • Siegel, D.J. & Payne Bryson, T. (2016). La discipline sans drame. Les Arènes.
  • Feldman Barrett, L. (2017). How Emotions Are Made. Houghton Mifflin Harcourt.
  • Feldman Barrett, L. — Emotional granularity research, Northeastern University.