Crise du couple : le baby clash abrite souvent un clash éducatif
En plus d’une décennie de formations, j’ai rencontré des milliers de femmes. Des professionnelles en reconversion, des éducatrices, des assistantes maternelles, des infirmières. Mais aussi, très souvent, des mères. Des femmes qui venaient se former parce qu’elles avaient des convictions et étaient en train de vivre des difficultés à la maison, dans leur couple en particulier, sans pouvoir mettre les mots dessus.
Dans leurs récits, il y avait toujours ce moment où tout avait commencé à se craqueler.
L’enfant fait une crise. Elles veulent accueillir ses émotions, traiter l’enfant comme un enfant et non comme un adulte miniature, prendre responsabilité du problème, des cris et du spectacle sans accabler l’enfant mais leur compagnon s’insurge, soupire; s’agace et lâche : « Arrête de t’en occuper, il fait encore un caprice… C’est toujours la même chose! » et » il faut le punir! »
Or, elles, elles savent, elles ont lu, se sont informées, sur ce sujet.
Leur enfant est épuisé, dépassé et le punir parce qu’il n’a pas acquis de compétences de régulation serait au mieux stérile, au pire problématique pour son développement affectif futur.
Ce que ces femmes me décrivaient, n’était déjà pas exactement ce que la littérature décrivait comme un « baby clash ». Car la littérature suggère toujours que le baby clash, se cantonne aux premières semaines: la fatigue, les couches à 3 heures du matin, le compte bancaire qui rétrécit.
En réalité, le baby-clash peut durer des années et son prolongement naturel se manifeste presque toujours par le clash éducatif → Des différentes notables sur la manière dont l’enfant devrait être éduqué qui impactent durablement le couple et ses chances de survie.
Le clash éducatif : ce que personne ne nomme vraiment
Ce que j’appelle « le clash éducatif », ce n’est pas un désaccord ponctuel sur l’heure du coucher ou sur le temps d’écran, mais une divergence fondamentale et profonde sur la façon de comprendre l’enfant. Et cette divergence, quand elle n’est pas identifiée ni travaillée, ronge le couple pendant des années.
D’un côté, il y a souvent un parent qui reproduit ce qu’il a reçu :
l’autorité, la punition, la discipline comme seule réponse à un comportement difficile. Pas par malveillance. Mais par défaut et loyauté. C’est le seul logiciel qu’il a et qui satisfait le désir de contrôle et domination dont il a été privé dans ses jeunes années (il s’agit souvent d’une revanche totalement inconsciente: « j’ai été privé de contrôle par des adultes qui avaient un contrôle total sur moi. A présent que je suis l’adulte, c’est enfin mon tour d’exercer ce pouvoir »).
De l’autre côté, il y a un parent qui ressent confusément que ce n’est pas la bonne façon.
Qui a peut-être lu des choses, entendu parler de parentalité positive, de besoins émotionnels, de régulation. Qui a aussi suivi des ateliers pour parents, en ligne ou en présentiel, qui s’est documenté, voir qui s’est formé comme c’est le cas des femmes dont je parlais, formées professionnellement en coaching parental à l’Ecole des Formations Positives. Ces personnes se retrouvent en conflits intenses entre les savoirs qu’elles ont emmagasinés, fondés sur les neurosciences affectives, le développement physiologiques et psychologiques de l’enfant, et ses besoins d’attachement et le désir d’arrondir les angles pour préserver une relation amoureuse et romantique et contribuer au projet de famille, avec leur partenaire.
👉 Et entre les deux, l’enfant reçoit des messages contradictoires et ne sait pas à quelle version de ses parents se fier.
Or, les recherches scientifiques sont extrêmement claires sur ce point : les désaccords éducatifs persistants entre parents génèrent un stress émotionnel mesurable chez l’enfant, et une instabilité relationnelle au sein du couple (Gottman & Notarius, 2002 ; Cowan & Cowan, 1992). Ce n’est pas une opinion. C’est un fait documenté.
Pourquoi 67 % des couples souffrent après l’arrivée d’un enfant
Les chiffres sont frappants. Selon les travaux de Shapiro et al. (2000), 67 % des femmes vivent une baisse importante de leur satisfaction conjugale après la naissance du premier enfant. Gottman et Notarius, dans une revue de 30 ans de recherches, estiment que 40 à 70 % des couples connaissent ce déclin significatif.
Alors, oui, il est toujours question de fatigue, de charge mentale, de répartition des tâches. Et tout cela est est réel.
- Mais qu’est-ce qui fatigue ?
- Qu’est-ce qui pose problème dans la charge mentale ?
- Pourquoi y a t-il des problèmes de répartition des tâches ?
La réponse est L’EDUCATION.
👉 Oui, l’éducation reçue et l’éducation donnée deviennent insidieusement le coeur du problème.
Les conversations du couple changent de nature. Avant l’enfant, on se parlait de soi, de l’autre, de projets, de désirs.
Après, on ne parle que de l’enfant et des problèmes qu’il pose: ce qu’il fait, ne fait pas, de la charge et de la fatigue qu’il représente. Des frustrations qu’il génère… et on cherche à y remédier. C’est là que surgit la vraie fracture : quand les deux parents n’ont pas la même compréhension de ce que l’enfant vit, de ce dont il a besoin, de ce qu’il fait qu’il se comporte comme il le fait.
On est donc loin du classique problème de communication, bien pratique et véritable fourre-tout des problème de couple.
On est face à un problème de connaissance de fond sur ce qu’est un enfant et ce qu’il faut en savoir: anatomie, physiologie, compétences cognitives et affectives, immaturité neurologique, vecteur d’apprentissage optimal, etc.
Quand un parent ne sait pas que le cerveau d’un enfant de 3 ans n’est neurologiquement pas capable de se réguler seul, il va naturellement interpréter la crise comme un caprice, et répondre par la sanction. Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est de l’ignorance, au sens le plus neutre du terme. Et quand ce parent refuse de se remettre en question, d’apprendre, de se développer, ou de chercher à mieux se réguler, quand il refuse d’écouter le parent qui s’est documenté ou qui est plus avancé, c’est le couple qui trinque.
Le sujet des enfants devient alors omniprésent dans les rares moments seuls à deux.
Les tensions envahissent les dîners, les week-ends, les vacances.
Les opportunités de se ressourcer et de se retrouver s’effacent une à une. Et au bout du chemin, il y a ce que j’ai entendu tellement de fois : « on attend que les enfants grandissent pour se séparer. »
Oui, la privation de sommeil amplifie tout
Il y a un facteur aggravant que les couples sans enfants sous-estiment avant de devenir parent : le sommeil.
On peine à imaginer ce qu’il adviendra de nos compétences de régulation, de notre capacité à accepter les désaccords, la frustration, les maladresses une fois que le déficit de sommeil sera là. Comme se le disent souvent les parents de jeunes enfants: Ils seraient des parents absolument parfaits si seulement ils pouvaient dormir… et ils ne précisent pas comment le manque de sommeil, et la diminution de tolérance qui s’en suit frappe leur couple de plein fouet.
Les recherches du neuroscientifique Matthew Walker montrent que la privation de sommeil altère profondément les circuits de l’empathie et amplifie la réactivité de l’amygdale, le centre émotionnel du cerveau. En clair : moins on dort, moins on est capable d’entendre l’autre, de comprendre ses intentions, de réguler sa propre colère.
Or les parents de jeunes enfants dorment mal. Pas seulement les premières semaines, mais souvent pendant des mois, voire des années. Et dans cet état de fatigue chronique, les désaccords éducatifs se transforme en dispute et tensions incessantes.
La moindre divergence de style parental peut devenir la cause d’une remise en question plus profonde du couple et de l’autre comme parent, comme partenaire et personne intime.
Le cocktail toxique est puissant : 2 adultes épuisés, avec des logiciels éducatifs différents, qui n’ont plus ni le temps ni l’énergie de vraiment se parler, s’écouter, se comprendre et apprendre de l’autre. Les lignes deviennent rigides.
Le clash éducatif: Un clash de valeurs et de connaissances.
C’est peut-être la chose la plus importante à comprendre dans cet article.
Quand l’un des parents punit et que l’autre veut écouter les émotions, on a tendance à penser que ce sont deux visions du monde incompatibles. Deux philosophies éducatives opposées. Deux caractères irréconciliables. Ce n’est, le plus souvent, pas ça.
La parentalité bienveillante n’est pas une philosophie.
C’est une science.
Elle repose sur des décennies de recherche en neurosciences du développement, en psychologie de l’attachement, en régulation émotionnelle. Les travaux de Daniel Siegel et Mary Hartzell sur l’intégration cérébrale, les recherches de John Bowlby et Mary Ainsworth sur la théorie de l’attachement, les découvertes de Lisa Feldman Barrett sur la construction des émotions : tout cela converge vers la même conclusion:
Un enfant n’est pas capable de se réguler seul. Il a besoin d’un adulte régulé pour apprendre à le faire. La punition, dans ce contexte, ne régule rien. Elle supprime. Elle reporte. Elle coûte à la relation.
Quand un parent comprend vraiment cela, il ne peut plus faire autrement. Pas parce qu’on lui a dit que c’était mieux. Parce qu’il comprend pourquoi.
Mais pour que cette compréhension ait lieu, certaines bases doivent être réunies. En effet, les opinions éducatives cachent souvent un système de valeurs. Par exemple, une place, un territoire réservé au parent selon le modèle du patriarcat qui met en exergue une autorité fondée sur l’âge, la filiation ou le genre… La psychanalyse va au-delà en attribuant au père le rôle d’interrompre et d’empêcher la diade mère-enfant car elle le priverait de sa place. Proposition inconcevable pour tout parent scientifiquement documenté sur le développement de l’enfant et sur la théorie de l’attachement.
Au contraire, quand les deux parents comprennent la même chose sur le développement de leur enfant, le désaccord éducatif n’a plus matière à exister ni à s’installer. On peut encore avoir des styles différents, des seuils de tolérance différents, des moments de débordement… bref être différents en vertu de notre personnalité et de nos journées qui altèrent plus ou moins nos capacités, mais on travaille avec le même logiciel de base. Et ça change tout.
3 solutions pour prévenir ou solutionner les problèmes de couple après bébé
1 - Avant que le clash s’installe : se préparer ensemble
La meilleure intervention est celle qui précède le problème. Et c’est exactement la philosophie de Ready for Baby, le programme e-learning conçu pour les couples qui attendent un bébé ou dont l’enfant a moins de 2 ans.
Ready for Baby ne vous dit pas comment élever votre enfant. Il vous explique comment l’enfant impacte votre couple de multiples manières et comment vous pouvez y remédier. Le programme fait la part belle au développement de l’enfant dès sa naissance, ce qui est attendu et prévisible et les styles parentaux conseillés.
En tant que couple, il vous aide à vous connaître en tant que partenaires, à comprendre vos déclencheurs respectifs, à aligner vos valeurs familiales avant que les premières crises ne fassent surgir vos divergences. Bref, Ready for Baby vous permet de mieux vous entendre pour avancer main dans la main en préservant l’intimité de votre relation.
Il intègre une masterclass sommeil bébé, parce que la fatigue est le terrain de tous les premiers conflits.
Enfin pour être une ressource solide sans controverse, il s’appuie sur les recherches de Gottman, Bowlby, Ainsworth et Esther Perel pour offrir des outils concrets.
👉 En Suède, seulement 1 % des couples se séparent dans l’année qui suit la naissance d’un enfant, contre 20 à 25 % en France. La différence ne tient pas à la culture. Elle tient à la préparation et au soutien disponible.
2 - Quand les nuits sont difficiles : ne pas laisser la fatigue décider à votre place
Si votre bébé ne fait pas ses nuits et que l’épuisement commence à infiltrer votre relation, vous n’êtes pas seuls et ce n’est pas une fatalité.
Une Consultante Ethique du Sommeil du Bébé et de l’Enfant peut vous aider à comprendre ce qui se joue selon son âge et son développement, et à trouver une approche cohérente à deux, toujours dans la sécurité du lien d’attachement.
Parce que quand on dort mieux, on se dispute aussi beaucoup moins !
Note: Cherchez une consultante formée à l’Ecole des Formations Positives pour éviter les mauvaises surprises et les approches non nocives au développement de votre enfant. Si vous désirez en savoir plus sur la formation, visitez la page dédiée.
3 - Quand le clash éducatif s'installe : se faire accompagner ensemble sur le plan éducatif
Si les désaccords sur l’éducation sont devenus le sujet central de votre vie de couple, si vous sentez que vous éduquez chacun de votre côté faute de terrain commun, l’accompagnement d’une coach parentale peut faire une différence réelle.
Les coachs parentales sont formées à aider les deux parents à comprendre pourquoi leur enfant se comporte comme il le fait, pourquoi leurs réactions ont du sens, à atteindre de nouveaux objectifs propices à la sérénité de la famille et à construire ainsi des réponses cohérentes et fonctionnelles.
Quand les deux parents arrivent à la même compréhension de leur enfant, le clash éducatif perd sa raison d’être et les moments d’intimité et de complicité sont préservés.
Note: Les coachs parentales formées à l’Ecole des Formations Positives ne suivent pas un simple elearning. Elles sont suivies et mises en situation de pratique tout au long de leur formation ainsi que pour obtenir leur certification. Connaissances et compétences sont testées et évaluées. Vous pouvez en savoir plus ici.
La question qui change tout sur le baby-clash
Si tu te reconnais ou qu’e tant que couple, vous vous reconnaissez tous les deux dans ce que vous venez de lire, il y a une question que je vous invite à vous poser, à deux si possible.
Est-ce que nous éduquons notre enfant différemment parce que nous avons des valeurs différentes, ou parce que nous n’avons pas les mêmes connaissances sur son développement ?
La réponse à cette question change tout.
Pour commencer à travailler sur votre couple en abordant l’ensemble des causes du Baby Clash, je vous invite à suivre le programme Elearning Ready for Baby. Vous pourrez découvrir comment votre enfance impacte votre vie de parents, faire converger vos valeurs, acquérir des connaissances sur le sommeil et le développement de l’enfant, découvrir les styles parentaux les plus opérants d’un manière joyeuse et non jugeante.
Si le clash éducatif vous semble être au coeur des difficultés actuelles, je vous recommande de contacter l’une de nos coachs parentales pour un travail en duo et en douceur qui alignera votre vision de l’enfant, libèrera de l’énergie, du temps et de l’espace pour de vrais moments de couple.
Le Quiz Couple & Parentalité
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On le dit peu mais le couple est le ciment du système de sécurité affective de l’enfant. L’enfant n’a pas besoin d’un couple amoureux et romantique, mais d’une équipe parentale unie qui pratique un parentage cohésif, c’est à dire aligné sur les questions éducatives. Quand ce n’est pas le cas, l’enfant est impacté.
Associer éducation et couple me paraît trop souvent oublié et c’est ce que j’ai voulu souligner avec cet article.
Je m’appelle Charlotte Uvira, et je suis la fondatrice, directrice et l’une des formatrice de l’Ecole des Formations Positives créée en 2013.
Avec mon équipe, nous offrons aux professionnelles et futures professionnelles de l’accompagnement en parentalité l’expertise, les connaissances et la pratique nécessaires pour promouvoir l’épanouissement des familles.
Si tu veux en savoir plus sur notre formation phare: Le coaching parental, visite la page dédiée.






