Quand la posture sécurisante transforme l’accompagnement du burn-out parental
C’est un sujet profond que l’on peine à expliquer.
Simplement parce qu’il dépasse les mots.
Il est dans le vécu et c’est pourquoi, je vais commencer cet article par le récit de Karine.
Nous connaissons tous une Karine: Mère engagée, responsable mais que la parentalité a progressivement vidé de son énergie.
Les études sur le sujet identifient bien ce dont Karine a besoin pour avancer et renouer avec le plaisir de vivre et d’être mère. Mais il y a un aspect de l’accompagnement qui est largement occulté. Voire qui est sciemment mis de côté alors qu’il fait et qu’il est LA différence.
C’est ce dont je vais vous parler maintenant.
Karine, sur le chemin du burn-out parental
« Charlotte, je n’y arrive pas. Je sais que je ne devrais pas m’énerver, crier, répéter mille fois, hausser le ton, menacer. J’ai compris, j’ai appris… mais je suis à bout. C’est plus fort que moi. »
Karine me dit cela d’une voix fatiguée.
Karine a suivi un atelier TePaPo*.
Elle continue :
J’adore mes enfants, mais la vie avec eux est trop épuisante.
Tous les soirs, il y a cette pression… des demandes, des devoirs, des trajets, les repas, des négociations, des refus, des lenteurs… Et là, je craque. Je me mets à hurler sur mes enfants.

Et si tu en doutes, oui, Karine se trouve bien – quelque part – sur le chemin du burn-out parental.
On identifie clairement :
✯ un déséquilibre profond entre ses ressources et ses stresseurs,
✯ une personnalité engagée, consciencieuse, responsable,
✯ l’absence de stratégies de régulation émotionnelle réellement mobilisables dans l’instant.
La feuille de route est claire. Lisible.
L’INCARNATION
L'incarnation d'une figure d’attachement sécurisante, dans un espace de calme
Parce que pour Karine, le point de rupture et de réconciliation se situe là…
Ce qui manque le plus quand un parent est épuisé
Quand un parent arrive à ce niveau d’épuisement, il ne manque pas de connaissances.
Karine sait. Elle a appris. Elle a compris.
Ce qui lui manque, ce n’est pas la motivation, ne l’amour pour ses enfants.
Ce qui lui manque, ce sont des ressources accessibles dans l’instant.
Autrement dit :
Ce n’est pas le savoir qui fait défaut, c’est la capacité à se réguler, à retrouver de l’espace interne, à penser sans être débordée par le stress.
Et une question devient centrale :
Dans quelles conditions ces ressources peuvent-elles redevenir accessibles ?
La relation comme levier central de l’accompagnement du Burn-out parental

✯ ses symptômes,
✯ ses facteurs de risque,
✯ les outils et stratégies possibles pour accompagner.
Mais on parle beaucoup moins d’un levier pourtant déterminant :
👉 la posture relationnelle de l’accompagnant.
Lorsque le parent est en situation de vulnérabilité intense, la relation proposée n’est pas un simple cadre neutre.
Elle devient un levier actif de l’accompagnement.
C’est cette relation qui permet à l’accompagnant d’endosser, de façon temporaire, les fonctions centrales d’une figure d’attachement sécurisante, telles que décrites dans la littérature.
Burn-out: comment devenir figure d’attachement réellement sécurisante ?
Dans la littérature sur l’attachement, une figure d’attachement est dite sécurisante non pas par ce qu’elle fait, mais par la qualité de sa sensibilité relationnelle.
Elle est sécurisante parce que la personne vulnérable s’y sent :
- vue et entendue,
- comprise dans son vécu,
- soutenue sans être jugée,
- protégée sans être infantilisée,
- et assurée que la relation restera stable et fiable, même en période de débordement.
C’est cette expérience répétée de sensibilité – au sens de disponibilité, de compréhension et d’ajustement – qui permet au parent de se réguler,
puis de retrouver progressivement ses capacités de réflexion et d’action.
La sécurité n’est donc ni une intention, ni un discours.
C’est une expérience relationnelle vécue.
Attachement et accompagnement des adultes en burn-out parental

En psychologie clinique, on sait que lors de périodes de vulnérabilité intense, le système d’attachement de l’adulte se réactive.
Dans ces moments-là, une relation perçue comme suffisamment sécurisante peut fonctionner :
- comme un havre de sécurité, lorsque la détresse est trop forte,
- et comme une base de sécurité, à partir de laquelle la réorganisation devient possible.
Il ne s’agit ni d’infantiliser, ni de créer une dépendance.
Il s’agit de reconnaître qu’en l’absence d’un lien suffisamment sûr, les capacités de réflexion et d’ajustement restent partiellement inaccessibles.
Quand la sécurité relationnelle et affective est là 👉 les mécanismes changent
Lorsque le parent bénéficie d’une relation suffisamment sécurisante, le niveau d’activation émotionnelle baisse. À partir de là, certains mécanismes redeviennent accessibles :
- se représenter autrement que comme un « mauvais parent »,
- identifier un manque de ressources plutôt qu’un défaut personnel,
- demander de l’aide sans se disqualifier.
La recherche relie ce mouvement à des facteurs protecteurs bien identifiés dans le burn-out parental, notamment l’auto-compassion et la diminution de l’auto-critique excessive.
Ces ressources ne se prescrivent pas.
Elles deviennent disponibles dans un contexte relationnel réellement soutenant et sécurisant.
Le double effet kiss-cool - Des bénéfices importants pour les enfants

Lorsque le parent retrouve un minimum de stabilité interne, la relation parent-enfant se réorganise à son tour.
Des études cliniques montrent que des accompagnements centrés sur la régulation émotionnelle et la qualité de la relation peuvent réduire :
✯ le burn-out parental,
✯ mais aussi certains indicateurs de conduites à risque dans la relation éducative
(négligence, violence auto-rapportée).
Ces effets ne sont pas liés à une meilleure compréhension théorique.
Ils sont liés à la restauration des ressources internes du parent.
La posture agit sur des mécanismes profonds
Penser l’accompagnant comme une figure d’attachement sécurisante, c’est ce que nous faisons depuis 2016 déjà (avant les premiers programmes sur le burn-out sortis en 2017). Cela permet de comprendre trois effets majeurs :
- Régulation : baisse de l’activation émotionnelle, retour d’espace interne.
- Réalignement : transformation du récit de soi et restauration de la compétence parentale.
- Modélisation : une manière d’être en relation que le parent pourra ensuite réinvestir avec son enfant.
Le burn-out parental a besoin d’outils, oui.
Mais très souvent, le parent a d’abord besoin d’une expérience relationnelle suffisamment sensible et fiable pour redevenir capable de penser, de sentir et d’agir.
❤️ Cette Maman que nous recherchons inconsciemment
Parce qu’en réalité, nous cherchons tous, à certains moments de notre vie, une Maman.
Une maman pour nous apaiser.
Une maman pour nous réconforter.
Une maman pour nous accueillir.
Une maman pour nous apprécier tels que nous sommes.
Quand nous sommes enfants, cette maman — ou une figure qui en a tenu la fonction — est là.
Présente. Accessible.
Et ce qui est si difficile quand on devient adulte,
c’est que nous n’y avons plus accès.
En tout cas, plus comme avant.
Pourtant, le besoin, lui, ne disparaît pas.
Dans le burn-out parental, ce besoin devient évident. Criant, même.
Le parent n’a pas seulement besoin d’outils ou de stratégies supplémentaires.
Il a besoin de retrouver, pour un temps, une figure d’attachement sécurisante.
Devenir, temporairement, cette figure maternante, au sens clinique du terme: une présence qui rassure, qui contient, qui ancre, qui tient quand tout vacille, est déterminant.
Les références scientifiques de cet article
- Bowlby, J. (1982). Attachment and Loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books.
- Flückiger, C., Del Re, A. C., Wampold, B. E., & Horvath, A. O. (2018). The alliance in adult psychotherapy: A meta-analytic synthesis. Psychotherapy, 55(4), 316–340.
- Horvath, A. O., Del Re, A. C., Flückiger, C., & Symonds, D. (2011). Alliance in individual psychotherapy. Psychotherapy, 48(1), 9–16.
- Mikulincer, M., & Shaver, P. R. (2016). Attachment in adulthood: Structure, dynamics, and change (2nd ed.). Guilford Press.
- Neff, K. D. (2003). Self-compassion: An alternative conceptualization of a healthy attitude toward oneself. Self and Identity, 2(2), 85–101.
- Roskam, I., & Mikolajczak, M. (2018). Parental Burnout: When Exhausted Mothers and Fathers Feel Unable to Cope. Frontiers in Psychology, 9, 879.
*TePaPo signifie Techniques de Parentalité Positive – Il ‘s’agit de l’atelier délivré par les personnes formées au Coaching Parental par l’Ecole des Formations Positives
J’avais lancé en 2013 mon activité et je m’étais rendu compte que certains parents bloquaient. Ils étaient coincés dans leurs difficultés à se réguler émotionnellement. Pour eux, (comme pour nous tous finalement) savoir n’était vraiment pas pouvoir.
J’ai alors développé et lancé en 2016 l’atelier Parentalité en Pleine Conscience qui a ensuite été complété par la recherche sur le Burn-out Parental. Mais tout était déjà là et les effets sur le bien-être émotionnels des parents étaient absolument incroyables.
Je m’appelle Charlotte Uvira et je suis la fondatrice et Directrice de l’Ecole des Formations Positives. j’essaie de jouer un rôle dans al vie des enfants et de leurs patents. Si tu veux jouer un rôle notamment sur l’épuisement parental, découvre notre parcours formateur ici.




