Coussin de la colère: Découvrez comment l'utiliser vraiment



Nous voici une semaine après l’article sur la colère et le fameux coussin.

Que s’est-il passé depuis ?

Des commentaires très sympas et d'autres qui témoignent de la rébellion de ceux qui se sentent découragés. Car oui, on voudrait ou on espère toujours qu’à un moment tout sera stable. Machin-bidule nous aura donné un truc, on l’aura bien compris et il n’y aura plus rien à faire que d’appliquer le truc pour toujours. Les hommes détestent le changement et pourtant ils y sont soumis en permanence. Alors quand j’expose un regard nouveau, cela donne « Vous n’allez quand même pas toucher au sacro-saint coussin de la colère ? »

Si, je vais y toucher.

Bien entendu!

Je suis contre les dogmes, les adhésions totales, et l’impossibilité de questionner une approche ou une attitude. J’en cherche la logique. Je m’interroge. Je co-construis, avec ceux qui ont construit avant moi et parfois, co-construire signifie déconstruire ou préciser.

Dans mon dernier article, je vous ai donc dit que le coussin de la colère n’est pas une proposition non violente, au contraire. Elle solidifie les réseaux neuronaux de la violence pour les rendre toujours plus disponibles.

C’est exactement comme le piano, voyez-vous! Plus vous en jouez, plus vous vous améliorez. Le cerveau fonctionne comme ça. Il ne se dit pas « non, pour le coussin de la colère, je vais juste fonctionner différemment ».


Ça ne fonctionne pas comme ça. Et je voudrais revenir au regard de Christophe André délivré au magazine Sciences Humaines au sujet des décharges émotionnelles violentes. C’était en mai 2006, l'article s'appelait "peut-on gérer ses émotions?"


Et puis, je vous ai promis de vous dire dans quelle condition nous pouvons déplacer l’objet de colère… Je vais éclaircir ce sujet à présent. Et vous verrez que ce n'est pas contradictoire, mais simplement logique.

D’où partons-nous ?

Léa est la maman de Thibault 5 ans. Depuis quelques temps Thibault est à fleur de peau.

Il « pète un câble » pour pas grand-chose, selon elle, et surtout contre sa petite sœur.

Les désaccords se soldent souvent par de la violence. Une violence qui choque la maman.

« Je n’ai jamais tapé mon enfant. J’ai toujours veillé à poser des mots sur ce que je pensais et attendais. Mais maintenant, il y a l’école et des enfants qui ne sont pas un bon exemple pour Thibault. Dernièrement, il a tiré sa sœur par les cheveux. Elle est tombée par terre et il l’a frappée à coups de pieds. Je ne peux pas accepter ça. Je comprends que mon fils soit immature, etc.… mais je dois empêcher cette violence de s’exprimer.

Il met sa soeur en danger. »

Dans la situation de Thibault, nous sommes confrontés à une situation où l’enfant se livre à des attitudes très violentes. Notre responsabilité d’adulte est de nous assurer qu'il ne se se met pas en danger et ne met pas en danger les autres. Or, Thibault met en danger sa sœur, Thibault est – déjà – violent.


L’accompagnant en parentalité pourra donc proposer à Thibault de déplacer sa violence sur un coussin de la colère (un coussin de la colère, c’est n’importe quel coussin… mettre des visages sur des coussins qui doivent être tapés est carrément choquant).

Cette professionnelle fera cette proposition pour atteindre à deux objectifs :

1 – Assurer la sécurité de Thibault et de son entourage

2 – Diminuer la violence. Car quand Thibault tape sur un coussin la violence, c’est MOINS violent que quand il tape sur sa sœur.


PLUS ou MOINS de VIOLENCE?

Voilà donc la question que nous devons nous poser :

Si je propose à mon enfant de taper sur un coussin,

est-ce que je suis dans un processus de diminution

ou d’augmentation de la violence?

  • Si la réponse est DIMINUTION, je peux utiliser le coussin de la colère, mais je vais l’utiliser de manière encadrée. Je me fixerai un délai, 3 ou 4 semaines – pour passer à l’étape suivante : vivre la colère sans taper sur rien, et sans mise en danger.

  • Si la réponse est une AUGMENTATION, je ne peux pas utiliser le coussin de la colère. Car cette approche développerait la tendance à la violence de mon enfant. Il n’en a pas besoin…


Pour les cris aussi…

Prenez encore l’exemple de Thibault. Après 3 semaines pendant lesquelles sa maman a redirigé la violence vers le coussin de la colère, tout en essayant aussi de lui apprendre à s’exprimer et s’affirmer par les mots, elle remarque que Thibault n’utilise plus la violence, mais les cris.

La plupart des parents d’enfants vous diront que les cris des enfants ne sont pas supportables, et que ce n’est pas de cette manière qu’ils acceptent que leur enfant exprime sa colère. Le « sois en colère sans crier » a la peau dure (Note à part : difficile d’être en colère sans crier, mais on peut peut-être éviter de crier trop fort…).

La question qui va nous intéresser pour Thibault est la même que celle du coussin de la colère : Si je laisse mon enfant crier sa rage, est-ce que je suis dans un processus de diminution ou d’augmentation de la violence ?

  • Si la réponse est DIMINUTION – comme c'est le cas de Thibault qui passe de taper sur le coussin à crier – alors je peux l’accompagner dans ce sens. En tant que maman, je vais même le féliciter de progresser toujours plus vers une expression plus pacifiée de la violence. Je vais lui dire qu’il est en train de prendre le chemin, que nous ne sommes pas encore arrivés à destination, mais que je remarque ses progrès.

  • Si la réponse est une AUGMENTATION, je vais l’inciter à revenir à la manière précédente d’exprimer sa colère. En me parlant, en posant des mots, et me demandant de l’accompagner.


Au fond tout est question de

R E L A T I V I T É

Une approche n’est bonne ou mauvaise que selon la perspective dans laquelle on se place.

J’invite donc les parents à s’interroger sur leur pratique et à prendre compte s’ils observent des progrès ou une dégradation du climat de paix et de sécurité quand la colère surgit.

Où en est leur enfant?

Le coussin de la colère ne peut être une fin en soi. Il ne peut être qu’une étape intermédiaire pour des enfants qui utilisent la violence sur eux, sur les autres ou sur le monde qui les entoure. Prendre la décision de l'utiliser, c’est aussi avoir d’ores et déjà choisi de l’arrêter et s’être fixé une date pour le faire.

On peut donc arriver à un cycle comme :

Expression violente de la colère – utilisation du coussin de la colère à chaque colère – puis en alternant avec l'utilisation des mots.

L’utilisation des mots est la seule finalité. L’affirmation positive de soi passe par les mots et c’est la seule forme pacifique d’expression de la colère. C’est donc bien celle que nous devons (apprendre à) pratiquer et enseigner à nos enfants.

J'accueille très volontiers vos témoignages sur la page FB Formations-positives et dans le groupe des Parents Affirmés.

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