Pourquoi je préfère l'Education positive à la Discipline Positive



Pourquoi je préfère l'Education positive à la Discipline Positive...

pour ceux qui ont envie de le savoir! :)


J’ai mis des années avant de me décider à aller voir ce que la discipline positive avait dans le ventre, avec le livre bien connu de Jane Nelsen. Pourquoi ? Pourquoi y étais-je si réfractaire, et pourquoi, même après avoir acquiescé et opiné de la tête à la lecture de ce livre qui m'a finalement agrablement suprise, je ne parle toujours pas de « discipline » ?

Sautons dans le sujet, je vous le dis, il y a des différences importantes entre la discipline positive et l’éducation positive et elles valent la peine d’être relevées (j'en ai fait un résumé précis mais non exhaustif à la fin de cet article).

J’y reviendrai très vite, mais avant, attardons-nous un peu sur la signification des mots.

Que veut dire « discipline » ?

Prenons notre cher ami dictionnaire Larousse pour examiner ce qu’il en dit :

Discipline : « Obéissance, soumission aux règles que s'est données le groupe auquel on appartient »… on parle donc bien d’obéissance et de soumission. Alors oui, on est bien d’accord : avoir des règles de vie en société est très important. Convaincue de ceci j’ai notamment écrit « Parentalité Affirmée » qui est pour moi un vrai plaidoyer pour le cadre et le partage de valeurs dans une famille. Mais les mots « obéissance » ou « soumission » me font l’effet de la craie qui grince sur un tableau noir. Car le partage et l’adhésion à des règles ou des valeurs ne peut pas se faire – selon moi – par l’entremise du vœu d’obéissance ou l’exigence de soumission.

C’est un peu comme suivre le mauvais chemin pour atteindre l’objectif que l’on s’est fixé et donc ne jamais y parvenir. L’obéissance n’est pas l’objectif de l’éducation positive, par exemple.

Deux acteurs au moins : le maître et son disciple.

Toujours selon notre cher Larousse, le disciple est une « personne qui reçoit l'enseignement d'un maître ». Cette personne - dans la discipline positive - est l’enfant et le maître (Larousse : « personne qui commande, personne qui possède à un degré éminent un talent, un savoir et qui est susceptible de faire école, d'être prise pour modèle ») est le parent.


Et l’humilité ?

Dans Parentalité Affirmée nous parlons notamment du parent phare dont le H signifie Humble. Je ne pense pas que l’on puisse être dans une relation d’intense connexion où le désir d’entendre et de comprendre l’autre trouve toute sa place si l’on se met en position « haute » ou dominante (approche déontologique du coaching notamment: La position haute ne permet pas à l’autre de développer la confiance en soi !). De là-haut, comment faire pour se mettre à la hauteur de l’enfant et de sa propre vision des choses. Le parent humble est un parent qui reconnaît qu’il n’est pas un maître ni un modèle parfait. Mais il fait de son mieux ! Il s’interroge. Il prend conscience de ses zones d’ombres, de ses erreurs et mésinterprétations, il s’interroge beaucoup… Ainsi c’est son humilité qui le rend accessible, et qui fait de lui un exemple humain, valable. La relation est horizontale chaque fois que possible, règle reconnue pour le développement de l’autonomie et de l’estime de soi !


Éducation positive / Discipline positive

pas le même combat.

Dans la discipline positive, l’objectif annoncé est d’obtenir l’obéissance des enfants - sur un mode gentil et bienveillant. Il s‘agit donc de rechercher la satisfaction des demandes des adultes (et leur éviter les frustrations liées à la vie avec des enfants).

Bien entendu, souvent, ces approches sont « sympas » pour l’enfant, mais parfois elles consistent à lui « faire avaler des couvercles (mais en douceur) » (voir le chapitre 1 de Parentalité Affirmée).

L’éducation positive est une approche relationnelle visant à mettre en œuvre les conditions nécessaires et suffisantes pour rendre l’expérience éducative de notre enfant positive pour son développement présent et à venir.

L'objectif de l'éducation positive est résolument - premièrement - le bien-être physique et psychique de l’enfant ce qui a naturellement des effets positifs sur les parents, le couple et la famille. Ce bien-être ne signifie pas « sans stress, frustration ou contrariété pour l’enfant ». Il ne serait pas sain que l’enfant ne rencontre aucune limite ni aucun cadre. Mais l’objectif n’est pas premièrement d’en obtenir l’obéissance.

L’éducation positive cherche la compréhension de ce qui est, sur la base d’éléments objectifs. L’éducation positive n’offre donc pas nécessairement de solution d’obéissance, même si le plus souvent, elle amène l’enfant à coopérer. Dans certains cas, l’éducation positive peut même demander aux parents de renoncer à obtenir l’obéissance parce que c’est inadapté, parce que l’enfant n’est pas prêt à franchir une étape, parce que les chemins les plus courts ne sont pas forcément les meilleurs, dans la durée.

Pourquoi l’éducation positive est – selon moi - la version la plus aboutie des méthodes éducatives positives ?

L’acte de naissance de l’éducation positive est consensuellement admis comme étant la théorie de l’attachement - qui a fait l’objet d’études scientifiques menées notamment par Bowlby, Harlow et Mary Ainsworth. Dès lors, l’éducation positive se développe sur la base de 4 courants dont les 3 premiers sont des sciences et le 4e est validé empiriquement :

  • les neurosciences

  • la psychologie positive

  • l’anthropologie

  • les thérapies cognitives et comportementales.

Pour moi, l'Education Positive est moins interprétative et beaucoup plus large que la Discipline Positive, qu'elle englobe.


Dès lors que faire ?

La discipline positive offre des outils intéressants pour le quotidien des parents, des éducateurs et des enseignants. Il me semble intéressant de les connaître et de les utiliser. Les idées développées par Adler et Dreikurs proposent de donner une vraie place à l'enfant... du coup, on se demande un peu pourquoi cet attachement à l'obéissance et au mot "discipline" choisi par les auteures... dotant que de très bonnes idées "participatives" sont à trouver dans la Discipline Positive.

Mais l'Education positive va plus loin. Car dans l'éduation positive, le parent accompagné par un professionnel compétent (consultante ou animatrice d’atelier), peut dépasser ses peurs, ses résistances, ses croyances, générer plus de confiance dans la relation et savoir endurer des frustrations (eh oui !).

Il apprend aussi à se remettre en question pour tisser une relation plus intense avec son enfant mais aussi grandir dans toutes les relations quelles qu'elles soient. Il sort de l'expérience de parent beaucoup plus riche qu'au départ!

Alors oui pour la Discipline Positive,

mais pas seulement.

A mon sens la Discipline positive ne peut être à elle seule un courant.

Elle est davantage l'un des nombreux leviers que nous allons actionner pour élever nos enfants (mais en ce qui me concerne, avec l'objectif de développement posiitf plus que celui d'obéissance).


L’éducation positive ne solutionne pas tout - elle est plus humble - et elle s’attache à construire les passerelles neurologiques propices à un futur positif et une connexion adulte-enfant plus solide.

Car au fond, ce dont les enfants ont besoin, ce n’est pas d’un parent expert qui commande et les fait obéir, mais d’un parent présent à lui-même et présent à la relation.

Ce que Matthieu Ricard appelle dans son livre Plaidoyer pour l'altruisme avec beauté et sagesse l’éducation éclairée.


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