RADIO: Comment ça dort un enfant... normalement?


Comment ça dort un enfant dans la vie normale... ou autrement dit... comment ça dormirait si on ne touchait pas à son sommeil???

C'est une nouvelle fois le sujet que j'ai abordé, mais cette fois-ci à l'occasion de l'émisson Tout s'explique de Radio Chablais, avec la pétillante Cindy!

Nous avons dressé les grandes lignes du sommeil, les siestes, les réveils nocturnes, les cauchemars, les terreurs nocturnes, les dificultés d'endormissement...

Vous avez envie de savoir comment votre enfant derait dormir? S'il dort assez? Trop? Suivez l'émission, je vous en donne en plus la retranscription écrite juste ici!


  • Tous les enfants ne sont pas égaux face au sommeil ?

Les enfants sont comme les adultes. D’emblée il y a les petits dormeurs et les gros dormeurs. Il y a ceux qui dorment par petits bouts et les autres qui accumulent des heures de sommeil d’une traite (ce sont ceux-là que les parents préfèrent !!!). Mais ces différences deviennent surtout visibles dans l’enfance. Nous avons quand même aujourd’hui des observations fiables du sommeil naturel des bébés. Un peu comme pour les courbes de croissance ou pour l’âge d’acquisition de certaines compétences.

  • Au départ, quand ils sont bébé, ils n’ont pas du tout le même rythme de sommeil que nous, ils dorment beaucoup, mais se réveillent régulièrement. A quel moment est-ce qu’un enfant peut avoir un rythme de sommeil qui est comme le nôtre ?

On sait de manière très sûre que le sommeil de l’enfant devient ressemblant à celui de l’adulte vers 4 / 5 ans. Avant quatre ans, le sommeil de l’enfant est très différent du nôtre. Quand il naît, le bébé n’a pas le même nombre de phases de sommeil. Vers 18 mois, même si les phases sont les mêmes, on a encore de grandes différences sur la manière dont elles s’enchaînent, leur durée, et la profondeur de sommeil dans les phases de sommeil profond.

Ainsi, les enfants ont un sommeil morcelé jusqu’à l’âge de quatre ans environ.

Ils satisfont une partie de leur sommeil la nuit.

Entre 2 et 4 ans, ils se réveillent souvent au moins une fois pendant la nuit et comblent le reste des besoins de sommeil par une ou deux siestes, selon l’âge.

  • Est-ce que l’on peut dire que l’enfant s’adapte à la famille dans laquelle il vit ? Si les parents sont de grands dormeurs, il le sera aussi, s’ils sont couche-tard ou couche-tôt, il va aussi prendre ces habitudes ?

Comme pour tout, nous sommes ce dont nous avons génétiquement hérité, et nous sommes aussi le résultat de l’environnement dans lequel nous vivons. Ce qui nous influence le plus est très individuel et j’ai l’impression que le rythme de sommeil de l’enfant dépend davantage de la satisfaction de besoins physiologiques et psychiques.

Physiologique, car quand il est petit, il a besoin de s’alimenter et s’hydrater régulièrement.

Psychiques, parce que le besoin de sécurité et de lien du petit enfant est intense jusqu’à l’âge de quatre ans. Ce qui explique ses réveils multiples… souvent des désirs de se rapprocher, de se sécuriser.

Du coup, il me semble important d’ajouter que le fait d’être accueilli positivement par ses parents pendant la nuit est bon pour le développement de l’enfant.

  • Comment gérer les bébés qui pleurent beaucoup au moment du coucher ?

Un bébé qui pleure beaucoup au moment du coucher, est un bébé qui a besoin d’être rassuré. Il n’y a pas d’éducation à faire avec les bébés, en général. Notre rôle est d’être attentifs à leurs demandes et y répondre rapidement. On entend parfois dire qu’il est bon d’attendre avant de répondre à l’enfant. Les spécialistes du sommeil des enfants prétendent exactement le contraire. Intervenir le plus vite possible et le mieux.

Si un bébé pleure beaucoup, c’est qu’il a besoin de nous. C’est que son niveau de cortisol (de stress) est élevé. Il ne peut le réguler seul et nous devons le faire pour lui en l’accueillant. Ceci permet de ne pas impacter négativement le développement de son cerveau, par exemple.

C’est évidemment difficile et fatiguant pour les parents, mais malheureusement, les premières années, c’est ainsi.


  • Nos tous-petits font une ou deux, voire trois siestes pendant la journée. Jusqu’à quel âge est-ce qu’il faudrait leur faire faire une sieste ?

La vraie question est jusqu’à quel âge un enfant fait-il la sieste, naturellement. Parce que, effectivement, on a tendance à penser que nous devons leur « faire faire » la sieste.

Alors ce qui est bien, c’est que sur ce sujet, nous avons des observations fiables qui sont les mêmes partout dans le monde. Ainsi, la majorité des enfants cessent progressivement de faire des siestes entre trois et quatre ans. C’est une moyenne, et il arrive que certains enfants cessent un peu avant trois ans et d’autres un peu après quatre ans.

  • Il y a des enfants qui font la sieste jusqu’à 5 ans, d’autres jusqu’à 2 ans… Encore une fois, on doit aussi s’adapter à notre enfant, il n’y a pas de règles établies ?

Oui, s’adapter à l’enfant, c’est la clé.

Les fonctions de veille et de sommeils sont régulées par le cerveau reptilien. Celui-là même qui s’occupe des battements du cœur, de la respiration, de la digestion. Il n’y a donc pas lieu d’y changer quoi que ce soit. Ce processus est naturel et parfaitement géré par le corps de l’enfant. L’enfant s’endort. L’enfant se réveille. Et idéalement nous devrions nous adapter à son cycle de sommeil, car son cycle aussi différent qu’il est du nôtre répond parfaitement à ses besoins spécifiques.

Mais s’adapter ne signifie pas rester à la maison et le faire dormir dans un lit !!

  • Est-ce que c’est grave de parfois zapper la sieste parce que l’on a quelque chose à faire, ou si le soir on a besoin qu’il dorme plus tôt pour une raison ou une autre ?

Pour moi, cette question sous-entend que nous « faisons faire » la sieste à nos enfants en les mettant au lit. Alors, ma vision personnelle est qu’il est favorable de ne pas sûr stimuler l’enfant si on sent qu’il est fatigué. Mais il est important de préciser qu’une petite partie seulement des enfants a besoin d’être dans une pièce à l’ombre, dans un lit, pour faire la sieste. Mais pour la majorité des enfants, ce n’est pas nécessaire, en tout cas, pas s’ils sont avec leurs parents.

Donc, il serait bon que les parents arrêtent de se condamner à rester dans l’obscurité avec leur enfant pendant une heure ou deux, l’après-midi, en essayant de le convaincre de dormir. Cela stresse l’enfant, et cela stresse le parent.

Si possible, il est préférable de juste calmer les activités, mais poursuivre sa journée, se balader, faire les courses ou s’asseoir pour lire, et laisser l’enfant jouer calmement ou babiller à côté de nous. Il s’endormira si le moment est venu pour lui de s’endormir.

Du coup, on sort de l’idée du « faire faire la sieste » et « sauter une sieste ». Un enfant fatigué est un enfant qui s’endort. Et comme vous l’avez certainement remarqué, quand il a besoin de dormir, rien ne peut l’en empêcher !!!

  • Combien de temps devrait durer la sieste ?

Tout est fonction de l’âge. Et là aussi, on a des données assez précises.

Par exemple entre 18 mois et trois ans, les enfants répondent en général à leur besoin de sommeil à 85 % pendant la nuit et à 15 % pendant le jour.

À partir de trois ans, on est plutôt à 10 % pendant le jour, donc avec la sieste.

Donc pour les parents, il faut regarder quels sont les besoins de sommeil de leur enfant. La plupart des enfants ont besoin de 10 à 12 heures de sommeil. Donc la plupart des enfants de trois enfants doivent faire une heure de sieste au moins… alors que les enfants de moins de trois ans vont souvent dormir 1h30 voir deux heures pendant la sieste, ou 2 fois 1 heure.

Le sommeil est un besoin physiologique essentiel, qu’il faut satisfaire. Le sommeil permet d’évacuer les toxines du cerveau, améliore la plasticité cérébrale, l’acquisition des apprentissages, la bonne humeur, la régulation de la digestion, l’activation du système immunitaire... Tout au long de notre vie, nous devons veiller à ne pas être carencés en sommeil, sans quoi le corps ne fonctionne plus correctement et de multiples maladies et dysfonctionnements peuvent nous toucher. C’est la même chose pour l’enfant.


  • Il faudrait le réveiller s’il dort trop longtemps ?

Certainement que si on veut qu’il réalise l’essentiel de son sommeil pendant la nuit, c’est mieux qu’il ne le fasse pas trop pendant le jour. Mais comme nous l’avons vu précédemment, en général l’enfant de 3 ans ne satisfait que 90% de ses besoins de sommeil la nuit. Donc il faut le laisser dormir au moins une heure.

Mais, prenons l’exemple d’un enfant qui va à la crèche et qui a deux ans. La plupart des enfants de deux ans s’endorment vers 21 heures le soir. S’il est réveillé à six heures, cela veut dire qu’il a eu neuf heures de sommeil pendant la nuit. Donc il devra dormir 2 voire 3 heures pendant la journée pour recevoir son compte de sommeil.

  • Quand on parle de sommeil, on ne peut pas passer à côté des cauchemars et des terreurs nocturnes. Quelle est la différence entre les deux ?

Le cauchemar c’est un rêve qui se déroule mal et qui génère de l’anxiété chez l’enfant. En général, il se produit dans la seconde moitié de la nuit. L’enfant est réveillé (ou peut être réveillé), il reconnaît ses parents.

La terreur nocturne se produit en général en première partie de la nuit. Et l’enfant ne se réveille pas même s’il semble réveillé. Il ne reconnaît pas ses parents, il crie, les repousse et refuse les contacts physiques. Normalement il se rendort au bout de 10 minutes maximum.

En revanche, avec le cauchemar, l’anxiété de l’enfant est intense. Il a peur. Et il est souvent beaucoup plus difficile de lui faire poursuivre sa nuit dans sa chambre par exemple.

  • Comment est-ce qu’il faudrait réagir aux terreurs nocturnes ?

Quand un enfant a des terreurs nocturnes, il est conseillé de rester à proximité afin de l’empêcher de se faire mal si jamais il commence à être assez actif au mobile. Mais il ne faut surtout pas le réveiller. Si les parents ont l’impression que leur enfant fait des terreurs nocturnes très régulièrement, il est conseillé qu’ils tiennent un journal sur lequel ils vont noter l’horaire des épisodes de terreurs nocturnes. Une fois qu’ils connaissent l’horaire, ils peuvent entrer dans la chambre de leur enfant 15 minutes avant l’épisode de terreurs nocturnes pour réveiller très légèrement leur enfant, afin qu’il ne reste pas coincé dans sa phase de sommeil très profond.

On conseille aussi aux parents de s’assurer que le coucher soit calme et détendu, car cela permet de limiter ces épisodes.

  • Qu’est-ce qui cause des terreurs nocturnes ?

En fait jusqu’à l’âge de 5/6 ans la phase IV de sommeil, qui est une phase de sommeil profond est PLUS profonde. La terreur nocturne apparaît à la fin d’une phase de sommeil très profond, au moment où l’enfant devrait passer à une phase de sommeil plus léger. Et ce passage de sommeil très profond à sommeil plus léger ne se réalise pas bien. En réalité nous sommes à cet âge dans une période de maturation cérébrale qui implique cette phase de sommeil très profond.

  • Jusqu’à quel âge les enfants peuvent faire des terreurs nocturnes ?

En général cela s’arrête vers 6 ans.

Pour aller plus loin, voici quelques livres:



#sommeilbébé #terreurnocturne #cauchemar #sieste #enfantsommeil #problemecoucher

22 vues

© formations-positives.com est un site de Happyologie - Tous droit réservés 

A propos - Conditions générales de vente et d'utilisation