J'ai le coeur brisé ...



Mon cœur a mal.

Je me tiens toujours à l’écart des actualités qui font les grands titres. Je suis bien trop sensible pour les encaisser. Mon niveau de tolérance est assez bas et la grande messe des infos sordides du monde n’est pas pour moi. Je veux croire en un monde plus beau que celui que l’on nous donne à voir. Mais quand une information doit m’atteindre, elle trouve ses chemins de traverses et me percute. Uppercut donc. Le choc m’a frappée tout à l’heure et je l’ai pleurée silencieusement, piteusement… comme si je risquais de te voler tes larmes à toi. Combien de larmes te faudra t-il ?

C’est une histoire de promenade. Les beaux jours arrivent, c’est le moment d’en profiter. Allons dehors ! Regarde comme il fait beau. On part à trois. On abandonne la maison, quelques jouets par terre, des choses à ranger. On reviendra pour le goûter, manger des tartines, puis finir la journée.

Les enfants râlent. Les enfants courent. Ils passent derrière, puis passent devant. Leur babillage ne s’arrêtent pas, ils jouent, se bousculent et se cachent. Tu écoutes, parfois attentivement, parfois moins. Tu fais ton chemin.

Puis d’un seul coup tout bascule. Les heures deviennent infernales. La vie devient infernale. C’est à n’y rien comprendre… Et quand quelques heures plus tard, tu rentres chez toi, tu es à bout de souffle et à bout de vie. Tu n’es plus trois. Tu es deux…. Seulement deux.

Rien n'a plus de sens après ça.

Car, nous nous plaignons de ne pas dormir assez (quand nos nuits sont morcellées), d’avoir trop à nettoyer (quand il y en a partout), de répéter 100 fois les mêmes choses (quand il prétend ne pas nous entendre), d’avoir trop d’attention à lui donner (quand un millier de câlins ne lui suffit pas), de ne pas y arriver (quand il nous tient tête) mais d’un seul coup, plus rien ne peut combler le manque abyssal de l’odeur de sa peau, de son corps dans nos bras, de sa respiration si fraîche et douce, ni le souvenir de sa voix, de son rire, de son regard, de nos espoirs, de notre amour, de lui, encore si vivant sur le chemin de la promenade…


Dans mon livre, je me confie un peu sur cela, tout à la fin, avant de clore:

« Un jour, j’ai tenu son petit corps inerte de 18 mois contre moi, sur le siège arrière de la voiture se dirigeant aux urgences. Je ne distinguais plus son souffle. J’ai souhaité plus que jamais qu’elle soit de nouveau là, saine et vivante comme au premier jour de sa vie. Dans cette voiture, puis à côté de son brancard, j’aurais tout donné pour l’entendre à nouveau. Je me suis imaginée l’écouter et la voir se réveiller la nuit, pleurer, crier, désapprouver et je me suis vue accueillir tout cela dans des larmes de joie. Car j’aurais tout accepté pour la voir vivante, à nouveau. Fut-ce des cris, tout le temps. »

Ma fille fut très gravement brûlée et la mort la frôla, mais l’épargna. Je me rappelle de chaque instant de cette nuit bouleversante et cela me fait toujours pleurer.

Il y a un mois, pour toi, ce fut une simple promenade à trois, qui devait se terminer à trois, mais qui s’est finie à deux. Je pense à toi et je pleure avec toi.

Si l'on devait n'en retenir qu'une, celle-ci serait la leçon à retenir.

N’attendons pas que les drames réveillent en nous l’amour, le pardon, l’indugence et la patience que nous avons (bel et bien) pour nos enfants.

Profitons de la chance qui nous est donnée de les voir chaque jour.

Rien n’est plus beau que de vivre avec son enfant en vie.

Rien n’est plus unique et inestimable.

Tout le reste n’a aucune importance.


#deuil

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