Non, la fessée n'éduque pas!



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Je n’avais pas prévu d’écrire aujourd’hui, mais j’ai trouvé la nouvelle tellement bonne que je n’ai pas pu résister.


Le nouveau numéro (#99) de Cerveau et Psycho a fait son entrée chez moi.

En couverture, en haut, à gauche, un titre m’interpelle (même si tous les titres ont l’air passionnants !!) :

LA FESSÉE A-T-ELLE

UN IMPACT

SUR LE CERVEAU ?

Ah !!! Me dis-je ! On passe aux choses sérieuses.

De ces choses si sérieuses que je trouve nécessaire d’y consacrer une partie de ma vie depuis plusieurs années. Je suis moi-même une ancienne enfant « fessée ».

Mon éducation s’est faite sur l’autel de la force, de la domination, des menaces, de la contrainte. Aujourd’hui adulte, il est rare que je me souvienne des fautes que j’avais commises pour mériter ce traitement. Je me rappelle de moi, comme d’une enfant qui ne comprenait pas la colère démesurée des adultes et qui se rendait compte – en écoutant Jean Jacques Goldman ;) – que quelque chose de différent semblait possible. D’un point de vue personnel, je ne crois donc pas à la fessée.

Depuis que je suis maman, je n’y ai jamais cru, non plus.

Comment pourrais-je traiter qui que ce soit par la violence ?

Bien entendu, il m’arrive d’en avoir marre et plus que marre ! De perdre patience ! De me sentir épuisée. Je sais que ces émotions ne sont que des appels de mon corps à prendre mieux soin de moi, mais que « maltraiter » mes enfants ne comblera pas mes besoins. Mes enfants ne sont pas parfaits et n’ont pas une maman parfaite. Mais, je ne désire pas les dominer, les effrayer, les blesser à l’extérieur pas plus qu’à l’intérieur. Je suis consciente du pouvoir démesuré que nous, les parents, avons. Inutile d’en profiter.

En tant que professionnelle, mes souvenirs et mes intuitions sont confirmés régulièrement par la science. Il ne devrait plus y avoir de débat! Pourtant, j'entends encore des:

"une fessée n'a jamais tué personne"

"je me rappelle d'une fois où je l'avais méritée"

"il y a des fois où il n'y a aucune autre solution"

"à un moment il faut que les enfants comprennent qui est le chef".

Pour être honnête, je peux avoir de l'amitié pour les auteurs de ces paroles, cela n'empêche que ces paroles me répugnent.

Ces paroles soulignent les dénis, culpabilité et souffrances parfois inconscientes, de leurs auteurs. Je compatis. Mon objectif est de faire avancer la société.

J’ouvre les pages de ce numéro de Cerveau & Psycho.

Page 90 un article du brillant Olivier Houdé… cela ne m’étonne pas!

Petit détail plaisant: C’est un homme qui rédige cet article. Ouf… nous, les femmes nous sentons parfois si seules dans notre combat pour une éducation pacifique et pacifiante.

Les éléments saillants sont là:

La France est l’un des derniers pays qui ne protège pas ses enfants selon les recommandations de la Comvention internationale des droits de l’enfant… la Suisse n’ont plus, ni la Begique.

« Des chercheurs américains

ont compilé 50 ans d’études sur le sujet, réalisées dans 13 pays avec 160000 enfants,

et leur constat est sans appel :

suite aux fessées, les enfants deviennent plus agressifs et récoltent donc plus de fessées »

En outre, les recherches montrent que les enfants ayant reçu des fessées deviennent agressifs avec les autres enfants.


« Tout ce qui touche le corps,

atteint aussi son cerveau.

Le cerveau reproduit ce qu’il a appris,

y compris la violence ».


« L’intention d’apprendre des enfants, et même des bébés, dépend directement du soutien social et affectif apporté par les parents »

La messe est dite.

Une première loi anti-fessée avait été votée en 2017 en France et avait été ensuite annulée. Nous avions été nombreux a nous sentir découragés par ce revirement de situation. Le dossier est à nouveau entre les mains du Ministère de la Santé français. Peut-être allons-nous enfin avancer ?

Les dommages collatéraux

des fessées des autres...

En tant que maman, alors que mes enfants grandissent, je constate aussi comment mes enfants reçoivent les dommages collatéraux de l’éducation autoritaire que certains de leurs camarades ont reçue. On est en plein dedans.

Le petit caïd élevé à la dure s’en prend aux autres.

Le gamin qui passe son temps devant les écrans à regarder des films interdits aux moins de 16 ans, est aussi perturbé et extériorise sa violence sur les autres.

Responsabilité : Nous sommes dépendants les uns des autres. À un moment ou à un autre nous sommes amenés à nous rencontrer. L’éducation que les autres parents donnent à leurs enfants me concerne, car elle touche mes enfants.

Il faut donc cesser de clamer au sacro-saint droit au respect de la sphère privée, et au droit d’y éduquer comme on le souhaite ses enfants. La fessée n’est pas une forme d’éducation, c’est une forme de violence basée sur la domination et le pouvoir de l’un sur l’autre, et son influence dépasse la sphère privée pour se répercuter sur la société entière.

Tous les enfants ont droit à notre protection.




#fessée #violenceeducative #veo

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