Réponse ou Réaction: le baromètre de notre éducation



Dessin de Nathalie Jomard -

Dans nos journées, nous multiplions les échanges avec nos enfants. Certains de ces échanges nous satisfont, d'autres nous tendent et même, nous font sentir coupables. C'est ce qui arrive quand d'un seul coup, la coupe est pleine. Le petit enchaîne les demandes sans vous laisser le temps d'agir, malgré votre bonne volonté. Votre fille est d'humeur grincheuse et se plaint à n'en plus finir. Vous arrivez, les bras chargés de courses. Vous pourriez les poser, mais vous préférez tenter d'attraper maladroitement la clé dans votre sac, en risquant un déséquilibre... mais, ouf, ça passe (il va encore falloir mettre la clé dans la serrure et la tourner...) Ça fonctionne, mais c'est lourd. C'est usant, même, d'être dans cette situation, avec tous ces cris autour (on voudrait les voir, nos moines zen dans cette situation!).

Et voilà qu'il s'y remet:

- "Ah!!! Maman, ça gratte! Il faut que tu me mettes du produit, ça gratte! Je veux de la crème!! (Il montre sa piqûre de moustique vieille de 3 jours.)

- Oui Chéri, laisse-moi juste rentrer.

- Non!!! Maintenant!! Ça gratte! Mets-moi de la crème!!!

- Chéri, j'essaie d'ouvrir la porte!!

- Mais Mamannnn, vraiment!"

OK, la pression devient trop forte et une réaction se faire sentir.

Une réaction, ce serait dire ce que l'on a sur le coeur.

S'énerver, se fâcher. Sortir quelques jurons. Péter un câble.

Le problème des réactions, c'est qu'elles détruisent la relation.

Il reste encore possible d'élaborer une réponse.

La réponse, elle, est réfléchie. Parfois, elle est éducative même.

La réponse donne une bonne idée de la personne que vous êtes et de celle que vous voulez être.

Mais, la réponse est difficile à donner, car elle demande que nous éteignions le système de réaction émotionnelle qui s'est enclenché, pour prendre un virage à 180° vers le cortex préfrontal pour inhiber, réfléchir, mettre du sens. Comme souvent, la trajectoire la plus difficile à prendre est pourtant la meilleure.

Vous posez donc vos courses (car cela devient nécessaire).

Vous gardez dans vos mains cette clé (qui ne demandait pourtant qu'à entrer dans cette serrure).

Vous remettez donc à plus tard l'ouverture de cette porte (ah... on aurait été bien à l'intérieur).

Et vous vous tournez vers le petit grumeau à qui vous répondez:

- "Chéri, je vois que tu as une piqûre de moustique et ça te gêne.

- Oui, il faut mettre de la crèème!

- Oui, et nous sommes où maintenant?

- À la maison!

- Pas exactement, nous sommes où, là, maintenant, tout de suite?

- Devant la porte!

- Oui. Et où se trouve la crème?

- Dans la maison!

- Oui, alors que devons-nous faire?

- Rentrer à la maison!

- Oui, et qu'est-ce que j'étais en train de faire à l'instant, avant de te parler?

- Tu essayais de rentrer à la maison.

- Oui, alors je vais te dire. Quand tu me vois avec mes courses en train de me débattre pour essayer d'ouvrir la porte, ça ne sert à rien de me crier dessus que tu as besoin d'une crème qui se trouve à l'intérieur. Au contraire, ça me stresse, je me sens mal, je ne peux pas ouvrir la porte et tu n'as toujours pas ta crème. Je préfère que tu patientes, comme ça, je peux vraiment t'aider. Tu peux me dire "Maman, quand nous serons rentrés, peux-tu me mettre de la crème?". Maintenant, on va entrer, je vais poser les courses tranquillement, et je vais aller chercher la crème, d'accord?"

Ouf!

Ce n'est pas facile de formuler des réponses, mais cela vaut la peine.

Quand nous répondons au lieu de réagir, tout le monde est gagnant.

Ou sinon, on peut aussi finir comme ça:


#réaction #réponse #éducation #restonszen #parentalitépositive

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