Et le maître, c'était lui



Hier, nous sommes partis nous promenés, les enfants et moi.

Tout parent sait cela : se promener avec de jeunes enfants, c’est avancer très très lentement, s’arrêter, et parfois, se retrouver le dernier car ils courent devant.

Nous étions encore devant la maison que nous venions de quitter, et notre objectif était d’aller en forêt. Je voulais y cueillir des orties et les enfants voulaient explorer et trier quelques richesses qu’ils rapporteraient à la maison : des graines d’arbre, des bâtons, des feuilles. Chacun marchait ainsi avec son sac en main. Chacun ?

Ah non, en fait pas vraiment. Mon fils traînait. Il traîne souvent. Il avance très très doucement. Même s’il avance toujours.

Alors, je l’ai senti venir.

C’était mon agacement. Je commençais à me sentir agacée. J’avais envie d’Y ALLER. Et je voulais y allais à mon rythme, car mon rythme était (évidemment) le meilleur et que chacun aurait dû l’adopter. Je voulais faire ce que j’avais décidé de faire, de la manière dont je l’envisageais. Je ne désirais pas m’adapter, je voulais que les enfants s’adaptent à moi. J’étais agacée et prête à dire à mon fils d’une voix interrogative mais insistante « tu viens ? ».

Et d’un seul coup, je me suis reprise.

Ce sentiment de ne pas avoir le temps (et d’avoir toujours raison)… J’étais pressée par quoi exactement ? Rien. Rien ne me pressait. Nous étions en vacances. Nous avions un petit projet à portée de mains et de pieds. Il n’y avait aucun inconfort. Tout ce que nous avions à faire était de vivre, et c’est ce qu’il faisait maintenant: il appréciait le moment présent, l'ici et maintenant.

Rien d’autre ne nous attendait.

Alors, j’ai décidé de marcher à son rythme à lui, exactement comme lui et et de faire de mon mieux pour en tirer le plus de plaisir.

J’ai ainsi continué de marcher. J’ai pris conscience de ma respiration. J’ai commencé à marcher sur le rythme de ma respiration (plutôt que de respirer sur le rythme de ma marche, ce que je fais généralement). J’ai ouvert les yeux plus grand. J’ai mieux observé. J’ai vu la nature, les champs, les arbres au loin. Paysage triste de temps pluvieux que je n’aime pas trop. J’ai senti les odeurs venant de la terre humide. J’ai entendu le vent, les corbeaux, le blabla incessant de mes deux compagnons d’aventure. Et j’ai ressenti du calme, et une libération. J’avais le temps. Nous avions même tout notre temps. Il m’avait juste fallu le trouver.

De temps à autre de petites pointes d’agacement ont ressurgi « mais quand même, il pourrait faire un effort » disaient-elles, « ensuite il aura faim et se trainera » prédisaient-elles. Peut-être que ce serait comme ça, mais maintenant ça ne l’était pas.

Peut-être que mon fils pouvait aller plus vite, mais il ne le devait pas.

Et le maître, à ce moment là, c’était lui.

#pleineconscience #icietmaintenant #momentprésent #promenadeenfant #etreparent

© formations-positives.com est un site de Happyologie - Tous droit réservés 

A propos - Conditions générales de vente et d'utilisation