Pourquoi c’est si difficile d’être bienveillant avec ses enfants ?



Dans les ateliers pour parents que j’anime, la question revient sans cesse :

« J’ai compris que je ne devais pas crier, menacer, ni taper. Mais vraiment ça me semble impossible. Quelque fois c’est plus fort que moi. Je pète un câble. »

Oui, le fameux pétage de câble. Nous le connaissons tous (et je précise, tous ! Même quand on est « de la profession » on pète parfois des câbles), parce que d’un seul coup, on n’en peut plus !

La plupart des articles évoquent la surcharge psychologique liée au fait de s’occuper en permanence d’êtres éminemment dépendants que sont nos enfants…. et qui plus est ,de petits êtres qui commettent beaucoup de bourdes et occupent un espace physique et sonore hallucinant. Mais, ne nous égarons pas. Il est clair que la charge mentale diminue notre patience, mais pas seulement.

C'est dans la tête!!!

Le facteur le plus sévère à mon sens, c’est la manière dont notre cerveau est aujourd’hui formé (comprenez connecté). Et oui, il n’y a pas de secret.

Si on vous dit que les enfants ont besoin de soutien et d’empathie pour connecter efficacement et durablement les aires cérébrales du cerveau impliquées dans la régulation émotionnelle…

Si des études récentes montrent de manière indéniable que sanctionner les comportements inappropriés des enfants en agissant violemment, de quelques manières que ce soit, affecte le cerveau de l'enfant de telle manière qu'il adoptera davantage de comportements asociaux et violents.

Selon vous, comment les enfants nés avant 1990 régulent-ils aujourd’hui leurs émotions maintenant qu’ils sont adultes ?

La réponse que j’avance est qu’ils les régulent mal.

Je pense que la majorité des adultes de cette génération est en train d’apprendre à le faire, en ce moment même, et que c’est pour elle, extrêmement difficile.

Il n'y a rien d'étonnant que les adultes d'aujourd'hui peinent tant à garder leur calme et gérer leurs propres émotions. Et je m’étonne même que nous n’en parlions pas plus. Car finalement, il ne s’agit pas de fustiger la génération de nos parents, qui ne savait pas ce que nous savons aujourd’hui, et qui a fait comme elle pensait bon.

L’idée est seulement de comprendre qu’il y a de vraies raisons pour que certains parents s’épuisent, culpabilisent, ragent ou perdent leurs repères éducatifs au moment de passer à une forme bienveillante d’éducation, car, alors même qu’ils sont convaincus et désirent bien faire, ils se voient échouer au quotidien.

Ces parents ont envie de comprendre pourquoi c’est si difficile et on leur doit bien cette réponse.

Je vais parler ici de ma propre éducation. Une éducation dans laquelle la peur dominait ainsi que les moqueries, les humiliations, l’indifférence, les fessées, les menaces et le chantage affectif et qui a fait les dégâts qu’elle devait faire (je n’en dirai pas plus). Voilà des années que je travaille à progresser et tout particulièrement à réguler mes émotions. Mais, je trouve toujours cela terriblement difficile.

En effet, je suis convaincue que le développement de mon cerveau a été affecté de telle manière que je suis plus susceptible de « beuguer ».

A l’âge adulte, le cerveau a besoin de plus d’efforts pour construire de nouvelles connections. Ceci est dû à sa perte de plasticité. Alors que le cerveau de l’enfant absorbe comme une éponge ce qu’il reçoit, afin de multiplier les apprentissages sur une très courte période de vie, le cerveau adulte lui, est plutôt stable. Il a donc un travail considérable à fournir s’il veut affaiblir des connections anciennes (réactions automatisées liées aux émotions) pour en construire de nouvelles, qu’il devra répéter pour les rendre durablement efficaces. Bref, toute une vie !

Heureusement, pour le cerveau humain, progresser est toujours possible.

Je connais des personnes qui y sont arrivés, et je peux dire aujourd’hui que je fais partie de celles-ci. Certes, il m’arrive encore de ressentir cette énergie violente et destructrice de la colère prête à bondir tel un fauve (sur mes propres enfants!), mais ça va beaucoup mieux. Cela m’a demandé beaucoup de travail : en développement personnel, en acquisition de connaissances, et en pratiques de centrage. Et c’est encore un travail au quotidien, en particulier avec la Pleine Conscience. Mais je ne suis pas, mieux dotée au départ que les autres parents. Ce que je veux donc partager avec vous, c’est d’une part que vous pouvez tous le faire, grâce à votre volonté, et que d’autre part si vous trouvez cela super difficile, c’est super normal !

Il y a une petite tendance émergeante en ce moment à mettre à mal la parentalité positive. Je pense que pour les parents qui ont toutes les difficultés dont nous avons parlé à rester zen devant une troisième assiette de soupe renversée, ça titille bien


les circuits cérébraux que de voir des personnes toutes gentilles et bienveillantes, préconiser un peu plus d’empathie et de respiration profonde…

alors que justement, ils le savent, n’y arrivent pas et qu’il ne suffit pas de le dire et le comprendre pour y arriver !

La rébellion grondent donc auprès de ces bons parents qui – bien que convaincus de l’importance d’être empathique avec leur enfant, ressentent des émotions très fortes, et ont envie de péter un câble en tout bon droit.

Admettons-le, nous ne sommes pas la génération zen que nous voudrions être. Alors, travaillons et progressons. Plutôt que de fustiger les méthodes éducatives « positives », cherchons à nous changer. Il n’y a pas d’autres solutions !

Notre génération est la première à avoir cette charge sur ses épaules mais tenez-vous bien, les résultats peuvent être extraordinaires en à peine une génération. Si nous arrivons à relever ce défi, nous pouvons concrètement amorcer le grand virage vers un monde non-violent !

Nous allons permettre à nos enfants de construire les structures cérébrales dont ils ont besoin, et de la bonne manière, pour ne plus être face aux mêmes difficultés que nous. Nos enfants sauront naturellement mieux gérer leurs émotions.

Tentant non ?

Si vous m’avez lu jusqu’au bout, et que vous vous êtes reconnu, venez à nos ateliers !

  • TePaPo apporte les connaissances et les techniques éducatives qu’il faut aux parents d’aujourd’hui pour y arriver.

  • L’atelier Parentalité en Pleine Conscience vous permet d’acquérir des outils pour votre bien-être émotionnel alors que votre vie de parent vous met au défi.

En consultant le site www.tepapo.com, vous aurez davantage d’informations.

Les parents fribourgeois trouveront toutes les infos sur www.ratatam-plus.ch

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